‹ uvres choisies de Descartes [microform]Chapitre 57 sur 90 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Ait. IU. Pourquoi qnelguM «adots pftliuent an liêv de plrai*^

Toutefois il y en a quelques-uns (lui pâlissent au lieu de pleurer quand ils sont fâchés; ce qui peut témoigner en eux un jugement et un courage extraordinaire, à savoir, lorsque cela vien' de ce qu'ils considèrent la grandeur du mal et se préparent à une forte résistance, en même façon que ceux qui sont plus âgés; mais c'est plus ordinairement une marque de mauvais naturel, à savoir, lorsque cela vient de ce qu'ils sont enclins à la haine ou à la peur; car ce sont des passions qui diminuent la matière des larmes, et on voit, au contraire, que ceux qui pleurent fort aisément sont enclins à l'amour et à la pitié.

Art. 13*.. Dei «^npirs.

La cause des soupirs est fort dilîérente «le celle «ies larmes, encore qu'ils présupposent comme elles la tristtîsse; car, au lieu qu'on est incité à pleurer quand les j>ounjons sont pleins de sang, on est incité à soupirer quand ils sont presque vides, et que (juelque imagination d'espérance ou de joie ouvre l'orifice de (artère veineuse, que la tristesse avait étréci, pour ce qu'alors le peu de sang qui reste dans les poumons tombant tout à coup dans le côté gauche du cœur par cette artère veineuse, et y étant poussé par le dAiir de parvenir à c«i!« joie, lequel agite en m^me teinjis tous les nuiscles du diaplnagme et de la poitrine, l'air eï»l poussé promptement par la bouche dans les poumons, pour y remplir la place que laisse ce sang ; et c'est cela .ju'on nomme soupirer.

Aht. IM. D'où Tiennent lec effeU de» pajssiot;» t^oi loot pailicniières à eerUint

hommes»

Au reste, afin de suppléer ici en licu de mots à tout ce qui pourroit y être ajouté touchant les divers efl'ets on les diverses causes des passions, je me contenterai de répéter le principe

112 LEg PASSIONS Dï L'AME

iur lequel tout ce i\m j'en ai écrit est appuyé, à savoir qu'il y a telle liaison entre notre âme et notre corps, que lorsque noui avons une fois joint quelque acUon corporelle avec quelque pensée, Tune des deux ne se présente point à nous pnr après (jue l'autre ne s'y présente aussi, et que ce ne sont pas toujours les mêmes actions qu'on joint aux mêmes pensées; car cela suffit pour rendre raison de tout ce qu'un chacun peut remarquer de particulier en soi ou en d'autres, touchant cette matière, qui n'a point été expliquée. Et pour exemple, il est aisé de penser que les étranges aversious de (juclques-uns, qui les empêchent de souffrir l'odeur des roseï, ou la présence d'un chat, ou choses semblables, ne viennent que de ce qu'au commencement de leur vie ils ont été fort offensés par quelques pareils objets, ou bien qu'ils (»nt compati au sentiment de leur mère qui en a été offensée étant grosse; ctr i! sst certain qu'il y a du rapport entre tous les mouvements de la mère et ceux de l'enfant qui est en son ventre, en sorte que ce qui est contraire à l'un nuit à l'autre. Et l'odeur des roses peut avoir causé un grand mal de tète ) un enfant lors«iu'il étoit encore au berceau, ou bien un chat U peut aToir fort épouvanté, sans que personne y ait pris garde ni qu'il en wt eu après aucune mémoire, bien que l'idée de l'avcr. Rion qu'il avait alors pour ces roses ou pour ce chat deuieur« imprimée en son cerveau jusques h la tin de sa vie.

Art. »31. l>« T'isag* «le» c'"*! l'^'^sion» ici eipliquiê», «n Unt qn'dlM

se rapportent aa cnrps.

Après avoir donné les iléfinilions de l'amour, de !a haine, du désir, delà joie, de la tristesse, et traité de tous les mouvements corporels qui les causent ou accompagnent, noas n'avons plus ici à considérer que leur usage. Touchant quoi il est à remarquer que, selon l'inslilulion de U nature, elles se rapporlent toutes au corps, et ne sont données à l'âme qu en tant qu'elle est jointe avec lui ; en sorte que leur usage naturel est d'inciter l'àme à consentir «t contribuer nix «étions oui peuvent strvir k

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