II
Êtes-vous instruit de ses procédés à mon égard ? — Je le crois. — Vous le croyez? Vous savez donc?... » Et voilà mon théologal qui me débite, avec une rapidité et une véhémence surprenante, une suite d'actions plus atroces, plus révoltantes les unes que les autres. Ma tète s'embarrasse, je me sens accablé; je perds le courage de défendre un aussi abominable monstre que celui qu'on me dépeignait. Heureusement mon théologal, un peu prolixe dans sa philippique, me laissa le temps de me remettre; peu à peu l'homme sensible se retira et fit place à l'homme éloquent, car j'oserai dire que je le fus dans l'occasion. « Monsieur, dis-je froidement au théologal, votre frère a fait pis, et je vous loue de me celer le plus criant de ses forfaits. — Je ne cèle rien. — Vous auriez pu ajouter à tout ce que vous m'avez dit, qu'une nuit, comme vous sortiez de chez vous pour aller à matines, il vous avait saisi à la gorge, et que tirant un couteau qu'il tenait caché sous son habit, il avait été sur le point de vous l'enfoncer dans le sein. — Il en est bien capable ; mais si je ne l'en ai pas accusé, c'est que cela n'est pas vrai... » Et moi, me levant subitement, et attachant sur mon théologal un regard ferme et sévère, je m'écriai d'une voix tonnante, avec toute la véhémence et l'emphase de l'indignation : « Et quand cela serait vrai, est-ce qu'il ne faudrait pas encore donner du pain à votre frère? » Le théologal, écrasé, terrassé, confondu, reste muet, se promène, revient à moi et m'accorde une pension annuelle pour son frère*.
* M"** de Yandeul a raconté ce trait qui trouTeront leur place ailleurs ; naus
dans ses Mémoires sur son père . donnons seulement ce qui se rappporte
Elle nous a donné de plus le nom du à l'anecdote qui est en ce moment sur
jeune homme, M. Rivière, et la conclu- le tapis : « Pour recrépir sa réputation
sion de l'aventure : » Savez-vous ce qu'intérieurement il sentait furieusement
C[}xe les formica-leo disent aux mouches, s'afifaiblir, M. Diderot entreprit la con-
quand ils les ont bien sucées ? — Non; version d'un jeune libertin de famille
que leur disent-ils ? — Adieu, monsieur qu'on lui avait adressé. Il se persuada
Diderot. » Nous n'y reviendrions pas si aisément qu'il réussirait et que ce succès,
ce fait, tout à l'honneur de Diderot, n'a- vanté dans l'univers par toutes les trom-
vait pas servi d'arme contre lui. La Cor- pettes philosophiques, ne manquerait
respondance secrète (10 janvier 4778) pas de faire honneur à ce parti qui
en prend texte pour entamer une assez chaque jour perd de plus en plus dans
longue diatribe contre le philosophe. Toplnion pubUaue. Il invita donc le
Nous réservons quelques accusations jeune homme à I« venir Toir ; il l« ser-
Est-ce au moment où vous venez de perdre votre ami ou votre maîtresse que vous composerez un poème sur sa mort? Non. Malheur à celui qui jouit alors de son talent! I C'est lorsque la grande douleur est passée, quand l'extrême sensibilité est amortie, lorsqu'on est loin de la catastrophe, que rame est calme, qu'on se rappelle son bonheur éclipsé, qu^on est capable d'apprécier la perte qu'on a faite, que la mémoire se réunit à l'imagination, l'une pour retracer, l'autre pour exagérer la douceur d'un temps passé; qu'on se possède et qu'on parle bieïi. On dit qu'on pleure, mais on ne pleure pas lorsqu'on poursuit une épithète énergique qui se refuse ; on dit qu'on pleure, mais on ne pleure pas lorsqu'on s'occupe à rendre son vers harmonieux : ou si les larmes coulent, la plume tombe des mains, on se livre à son sentiment et l'on cesse de composer.
f Mais il en est des plaisirs violents ainsi que des peines . profondes ; ils sont muets. Un ami tendre et sensible revoit un ami qu'il avait perdu par une longue absence ; celui-ci reparaît dans un moment inattendu, et aussitôt le cœur du premier se trouble : il court, il embrasse, il veut parler; il ne saurait : il bégaye des mots entrecoupés, il ne sait ce qu'il dit, il n'entend rien de ce qu'on lui
monnait avec toute la fenreur d*un Téri- n*a point d'oreilles;» le libertin, poussé
table missionnaire. Le jeune homme par le besoin, pressa vivement le philo-
écoutait en silence, et, semblable au sophe, qui fit une résistance vigoureuse,
jeune amant dont parle Térence, il allait Quand le jeune homme vit que c'était un
chez sa maîtresse oublier tout l'ennui du parti bien décidément pris et qu'il n'en
sermonneur. Le débauché en question pourrait plus rien tirer, il lui dit:... »
était brouillé avec sa famille, dont il ne {La suite comme dans M^* de Van"
recevait aucun secours. Par conséquent, deuly avec cette réflexion : ) « C'aurait
il était fort embarrassé. Un jour, il vint été vraiment une belle œuvre, si la phi-
trouver H. Diderot, et, après avoir écouté losophie était parvenue à guérir un cœur
patiemment toute la réprimande pbilo- aussi gangrené. »
sophique, il finit par lui faire connaître Pourquoi avons- nous reproduit ce
ses besoins et par lui demander quelque récit? D'abord, pour montrer que les
argent. M. Diderot, ne pouvant reculer, journalistes de ce temps-là savaient déjà
lui donna quatre à cina louis. Quelque raconter de façon à rendre ridicules les
temps après, le jeune homme hasarda actions les plus honorables et grouper
une nouvelle tentative, ()ui eut le même des faits de toutes dates pour en tirer les
succès ; il s'accommoda si bien de la faci- conclusions qui leur plaisaient ; ensuite,
lité du philosophe, qu'il venait sans pour montrer la dififérencc entre la façon
cesse le solliciter. Le sermonneur se d'agir de Rivière avec Diderot et celle
lassa bientôt de fournir aux dépenses et de Diderot avec le frère Ange ( voir tome
se contenta de redoubler ses exhorta- I, p. 7. ^ Le méchant se décèle dans le
tions. Mais.commdon dit, u ventre affamé trait final.
, répond ; s'il pouvait s'apercevoir que son délire n'est pas j partagé, combien il souffrirait I Jugez par la vérité de cette peinture, de la fausseté de ces entrevues théâtrales où deux amis ont tant d'esprit et se possèdent si bien. Que ne vous dirais-jepas de ces insipides et éloquentes disputes à qui mourra ou plutôt à qui ne mourra pas, si ce texte, sur lequel je ne finirais point, ne nous éloignait de notre sujet? C'en est assez pour les gens d'un goût grand et vrai ; ce que j'ajouterais n'apprendrait rien aux autres. Mais qui est-ce qui sauvera ces absurdités si communes au théâtre? Le comédien, et quel comédien?
Il est mille circonstances pour une où la sensibilité est aussi nuisible dans la société que sur la scène. Voilà deux amants, ils ont l'un et l'autre une déclaration à faire. Quel est celui qui s'en tirera le mieux? Ce n'est pas moi. Je m'en souviens, je n'approchais de l'objet aimé qu'en tremblant; le cœur me battait, mes idées se brouillaient; ma voix s'embarrassait, j'estropiais tout ce que je disais ; je répondait won quand il fallait répondre oui; je commettais mille gaucheries, des maladresses sans fin; j'étais ridicule de la tête aux pieds, je m'en apercevais, je n'en devenais que plus ridicule. Tandis que, sous mes yeux, un rival gai, plaisant et léger, se possédant, jouissant de lui-même, n'échappant aucune occasion de louer, et de louer finement, amusait, plaisait, était heureux; il sollicitait une main qu'on lui abandonnait, il s'en saisissait quelquefois sans l'avoir sollicitée, il la baisait, il la baisait encore, et moi, retiré dans un coin, détournant mes regards d'un spectacle qui m'irritait, étouffant mes soupirs, faisant craquer mes doigts à force de serrer les poings, accablé de mélancolie,couvert d'une sueur froide, je ne pouvais ni montrer ni celer mon chagrin. On a dit que l'amour, qui ôtait l'esprit à ceux qui en avaient, en donnait à ceux qui n'en avaient pas ; c'est-à-dire, en autre français, qu'il rendait les uns sensibles et sots, et les autres froids et entreprenants.
L'homme sensible obéit aux impulsions de la nature et ne rend précisément que le cri de son cœur ; au moment
OÙ il tempère ou force ce cri, ce n'est plus lui, c'est un comédien qui joue.
Le grand comédien observe les phénomènes ; l'homme sensible lui sert de modèle, il le médite, et trouve, de réflexion, ce qu'il faut ajouter ou retrancher pour le mieux. Et puis, des faits encore après des raisons.
A la première représentation àHInès de Castro^ à l'endroit où les enfants paraissent, le parterre se mit à rire ; la Duclos, qui faisait Inès, indignée, dit au parterre : « Ris donc, sot parterre, au plus bel endroit de la pièce.» Le parterre l'entendit, se contint ; l'actrice reprit son rôle, et ses larmes et celles du spectateur coulèrent. Quoi donc! est-ce qu'on passe et repasse ainsi d'un sentiment profond à \m sentiment profond, de la douleur à l'indignation, de l'indignation à la douleur? Je ne le conçois pas; mais ce que je conçois très bien, c'est que l'indignation de la Duclos était réelle et sa douleur simulée.
Quinault-Dufresne j oue le rôle de Sévère dans Polyeucte, Il était envoyé par l'empereur Décius pour persécuter les chrétiens. Il confie ses sentiments secrets à son ami sur cette secte calomniée. Le sens commun exigeait que cette confidence, qui pouvait lui coûter la faveur du prince, sa dignité, sa fortune, la liberté, et peut-être la vie, se fît à voix basse. Le parterre lui crie : « Plus haut.» Il réplique au parterre : « Et vous, messieurs, plus bas. » Est-ce que s'il eût été vraiment Sévère, il fut redevenu si prestement Quinault? Non, vous dis-je, non. Il n'y a que l'homme qui se possède comme sans doute il se possédait, l'acteur rare, le comédien par excellence, qui puisse ainsi déposer et reprendre son masque.
Le Kain-Ninias descend dans le tombeau de son père, il y égorge sa mère ; il en sort les mains sanglantes, il est rempli d'horreur, ses membres tressaillent, ses yeux sont égarés, ses cheveux semblent se hérisser sur sa tête. Vous sentez frissonner les vôtres, la terreur vous saisit, vous êtes aussi éperdu que lui. Cependant Le Kain-Ninias poysse du pied vers la coulisse une pendeloque de diamants qui s'était détachée de l'oreille d'une actrice. Et
cet acteur-là sent ? Cela ne se peut. Direz-vous qu'il est mauvais acteur ? Je n'en crois rien. Qu'est-ce donc que Le Kain-Ninias? C'est un homme froid qui ne sent rien, mais qui figure supérieurement la sensibilité. Il a beau s'écrier : « Où suis-je? » Je lui réponds : « Où tu es? Tu le sais bien : tu es sur des planches, et tu pousses du pied une pendeloque vers la coulisse. »
Un acteur est pris de passion pour une actrice ; une pièce les met par hasard en scène dans un moment de jalousie. La scène y gagnera, si l'acteur est médiocre ; elle y perdra, s'il est comédien ; alors le grand comédien devient lui et n'est plus le modèle idéal et sublime qu'il s'est fait d'un jaloux. Une preuve qu'alors l'acteur et l'actrice se rabaissent l'un et l'autre à la vie commune, c'est que, s'ils gardaient leurs échasses, ils se riraient au nez; la jalousie ampoulée et tragique ne leur semblerait souvent qu'une parade de la leur.
LE SECOND. — Cependant il y aura des vérités de nature.
LE PREMIER. — Commo il y eu a dans la statue du sculpteur qui a rendu fidèlement un mauvais modèle. On admire ces vérités, mais on trouve le tout pauvre et méprisable.
. Je dis plus : un moyen de jouer petitement, mesquinement, Vest d'avoir à jouer son propre caractère. Vous êtes un tartuffe, un avare, un misanthrope, vous le jouerez bien; mais vous ne ferez rien de ce que le poète a fait ; car il a fait, lui, le Tartuffe, l'Avare et le Misanthrope.
LE SEÔOND. — Quelle différence mettez-vous donc entre un tartuffe et le Tartuffe ?
LE PREMIER. — Le commis Billard est un tartuffe , l'abbé Grizel est un tartuffe, mais il n'est pas le Tartuffe *.
* Billard, caissier général de la poste, illustres. Ils furent arrêtés tous deux,
fit en 1769 une banqueroute frauduleuse et Billard mis au pilori pendant deux
de plusieurs millions. Il se piquait de la heures. « Il récita des psaumes tout le
Ïtlus haute dé-votion et était intime de teinps quMl fut au carcan, » dit H*"* du
'abbé Grizel, sous-pénitencier de 1^- Deffand. Voltaire a parlé plusieurs fois
glise de Paris, confesseur de Tarche- de Grizel, notamment dans sa Conver~
vêque et directeur de plusieurs dévotes sation avec un intendant des menus
PARADOXE SUR LE COMÉDffiN. 287
Le financier Toinard^ était un avare, mais il n'était pas Tavare. L'Avare et le Tartuffe ont été faits d'après tous les Toinards et tous les Grizels du monde ^ce sont leurs traits les plus généraux et le^. .plusLjaaaxqués , et ce tfest le portrait exact d'aucun; aussi personne ne s*y reconnait-il.
Les comédies de verve et même de caractères sont exagérées. La plaisanterie de société est une mousse - légère qui s'évapore sur la scène ; la plaisanterie de théâtre est une arme tranchante qui blesserait dans la , ^ociétéLl. On n'a pas pour des êtres imaginaires le ménar... \ ''gement qu'on doit à des êtres réels.
La satire est d'un tartuffe , et la comédie est du Tartuffe. La satire pqursuit^un .yiçieux, la comédie poursuit un vice. S'il n'y avait eu qu'une ou deux Précieuses ridicules, on en aurait pu faire une satire, mais non pas une comédie.
Allez-vous-en chez La Grenée, demandez-lui la Pemture^ et il croira avoir satisfait à votre demande, lorsqu'il aura placé sur sa toile une femme devant un chevalet, la palette passée dans le pouce et le pinceau à la main. Demandez-lui la Philosophie^ et il croira l'avoir faite, lorsque , devant un bureau , la nuit , à la lueur d'une lampe, il aura appuyé sur le coude une femme en négligé, échevelée et pensive, qui lit ou qui médite. Demandez-lui la Poésie, et il peindra la même femme dont il ceindra la tête d'un laurier, et à la main de laquelle il placera un rouleau. La Musique^ ce sera encore la même femme avec une lyre au lieu de rouleau. Demandez-lui la Beautéy demandez même cette figure à un plus habile que lui, ou je me trompe fort, ou ce dernier se persua-
plaisirs du roi. Dans une réponse à Sau- * Toinard était fermier-général. U
rin c[ai lui ayait enToyé des Ters sur sa eut un jour la visite d'un soi-disant
dignité de père temporel des capucins, capitaine de cavalerie, qui le mit en
U dit : demeure de lui livrer tout son or, s'il
11 ..» •«• ï. .«I. Pi^ntiAin ne préférait se voir brûler la cervelle.
iV^e^Sip^i ««Xpltrt. Mai? Toinard était un avare avisé Le
Confessant soenr Luce et sosor NU», tiroir qui contenait son or correspondait
Je ne porte point le ciiioe à une doche extérieure qui donna Fa-
]>e sidntOrlxel, a* saint Billard. larme et lui amena du secours. Voyer
Journal de Barbier, 20 mai 4743.
dera que vous n'exigez de son art que la figure d'une belle femme. Votre acteur et ce peintre tombent tous deux dans un môme défaut et je leur dirai : « Votre tableau, votre jeu, ne sont que des portraits d'individus fort au-dessoiis de Tidée générale que le poète a tracée, et du modèle idéal dont je me promettais la copie. Votre voisine est belle , très belle ; d'accord : mais ce n'est pas la Beauté. Il y a aussi loin de votre ouvrage à votre modèle que de votre modèle à l'idéal. »
LE sECôNî). — Mais ce modèle idéal ne serait-il pas une chimère ?
LB PREMIER. — NoU.
LE SECOND. — Mais puisqu'il est idéal, il n'existe pas : or, il n'y a rien dans l'entendement qui n'ait été dans la sensation.
LE PREMIER. — Il ost vrai. Mais prenons un art à son origine; la sculpture, par exemple. Elle copia le premier modèle qui se présenta. Elle vit ensuite qu'il y avait des modèles moins imparfaits qu'elle préféra. Elle corrigea les défauts grossiers de ceux-ci, puis les défauts moins grossiers, jusqu'à ce que, par une longue sui'te de travaux, elle atteignît une figure qui n'était plus la nature.
LE SECOND. — Et pourquoi ?
LE PREMIER. — C'ost qu'il cst impossiblc que le développement d'une machine aussi compliquée qu'un corps animal soit régulier. Allez aux Tuileries ou aux Champs- Elysées un beau jour de fête; considérez toutes les femmes qui rempliront les allées, et vous n'en trouverez pas ime seule qui ait les deux coins delà bouche parfaitement semblables.LaDanaédu Titien est un portrait; l'Amour, placé aupieddesacoucheestidéal.Dansun tableau de Raphaël, qui a passé de la galerie de M. de Thiers dans celle de Ca^ therine II, le saint Joseph est une nature commune ; la Vierge est une belle femme réelle ; l'enfant Jésus est idéal. Mais si vous en voulez savoir davantage sur ces principes spéculatifs de l'art, je vous communiquerai mes Salons.
LE SECOND. — J'en ai entendu parler avec éloge par un homme d'un goût fin et d'un esprit délicat.
LE PREMIER. — M. Suard.
LE SECOND. — Et par une femme qui possède tout ce que la pureté d'une àme angélique ajoute à la finesse du goût.
LE PREMIER. — Madame Necker.
LE SECOND. — Mais rentrons dans notre sujet.
LE PREMIER. — J'y cousens, quoique j'aime mieux louer la vertu que de discuter des questions ^im^z mseuses.
LE SECOND. — Quinault-Dufresne , glorieux de caractère, jouait merveilleusement le Glorieux.
LE PREMIER. — Il est vrai ; mais d'où savez-vous qu'il se jouât lui-même ? ou pourquoi la nature n'en auraitelle pas fait un glorieux très rapproché de la limite qui sépare le beau réel du beau idéal, limite sur laquelle se jouent les différentes écoles ?
LE SECOND. — Je ne vous^entends.pas.
LE PREMIER. — Je suis plus clair dans mes Salons , où je vous conseille de lire le morceau sur la Beauté en général. En attendant, dites-moi , Quinault-Dufresne est-il Orosmane? Non. Cependant , qui est-ce qui l'a. remplacé et le remplacera dans ce rôle ? Était il l'homme du Préjugé à la mode ? Non. Cependant avec quelle vérité ne le jouait-il pas I
LE SECOND. — A vous entendre, le grand comédieH est tout ou n'est rien.
LE PREMIER. — Et pcut-êtrc cst-cc parcc qu'il n'est rien qu'il est tout par excellence , sa forme particulière ne contrariant jamais les formes étrangères qu'il doit prendre.
Entre tous ceux qui ont exercé l'utile et belle profession de comédiens ou de prédicateurs laïques , un des hommes les plus honnêtes, un des hommes qui en avaient le plus la physionomie , le ton et le maintien, le