‹ Œuvres choisies de Diderot;Chapitre 48 sur 153 · CÉCILE, GERMEUIL, SAINT-ALBIN, SOPHIE · texte numérisé non relu

CÉCILE, GERMEUIL, SAINT-ALBIN, SOPHIE

MADEMOISELLE CLAIRET, dans Tantichambre, à rentrée

de la salle.

soPHiB, apercevant Satnt'Albtn, court, effrayée, se Jeter entre les bras de Cécile, et s'écrie : — Mademoiselle I

SAINT-ALBIN, la suîvant. — Sophie I {Cécile tient So^ phïe entre ses bras, et la serre avec tendresse,)

GERMEuiL appelle, — Mademoiselle Clairet ?

MADEMOISELLE CLAIRET, du dedans, — J'y suis.

CECILE, à Sophie, — Ne craignez rien. Rassurez-vous. Asseyez-vous. {Sophie s'assied, Cécile et Germeuil se retirent au fond du théâtre, ou ils demeurent spectateurs de ce qui se passe entre Sophie et Saint- Albin. Germeuil a tair sérieuof et rêveur. Il regarde quelquefois tristement Cécile, qui, de son côté, montre du chagrin, et de temps en temps, de t inquiétude,)

SAINT-ALBIN, à Sophi'c, quia les yeux baissés et le maintien sévère, — C'est vous; c'est vous. Je vous recouvre... Sophie... 0 ciel, quelle sévérité I Quel silence! Sophie, ne me refusez pas un regard... J'ai tant souffert I... Dites un mot à cet infortuné.

SOPHIE, sans le regarder, — Le méritez-vous ?

SAINT-ALBIN. — Demaudez-leuT.

SOPHIE. — Qu'est-ce qu'on m'apprendra? N'en sais-je pas assez? Où suis-jô? Que fais-je ici? Qui est-ce qui m'y a conduite? Qui m'y retient?... Monsieur, qu'avezvous résolu de moi ?

SAINT-ALBIN. — Do VOUS aimer, de vous posséder, d'être à vous malgré toute la terre, malgré vous.

SOPHIE. — Vous me montrez bien le mépris qu'on fait des malheureux. On les compte pour rien. On se croit

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