SCÈNE XXVII
MADAME BERTRAND, BINBIN, son enfant, MONSIEUR POULTIER.
MADAME BERTRAND, en SB précipitant aux genoux de M, Poultier. — Monsieur, permettez... mon fils, embrassez les genoux de monsieur.
MONSIEUR POULTIER. - Madame, vous vous moquez de moi... cela ne se fait point... Je ne le souffrirai pas.
MADAME BERTRAND. — Saus VOUS, quo sorais-je devenue, et ce pauvre enfant? {M. Poultier prend Venfant entre ses bras, s'assied dans un fauteuil^ et le pose sur ses genoux,)
MONSIEUR POULTIER. — G'ost SOU père ; c'est à ne pouvoir s*y méprendre. Qui a vu Tun voit l'autre.
MADAME BERTRAND. — J'espèrc, monsieuT, qu'il en aura la probité et le courage ; mais il ne lui ressemble point du tout.
MONSIEUR POULTIER. — Nous pourrious avoir raison tous les deux. Ce sont ses yeux, môme couleur, même vivacité, même forme.
MADAME BERTRAND. — Mais uou , mousieuT ♦ M. Bertrand avait les yeux bleus, et mon fils les a noirs; M. Bertrand les avait petits et renfoncés, et mon fils les a grands et presque à fleur de tète.
MONSIEUR POULTIER. — Et Ics cheveux, et le front, et la bouche, et le teint, et le nez?
MADAME BERTRAND. — Mou marf avait les cheveux châ^ tains, le front étroit et carré, la bouche énormément grande, les lèvres épaisses et le teint enfumé. Mon fils n'a rien de cela, monsieur, regardez-le donc : ses cheveux sont brun-clair, son front haut et large, sa bouche petite, ses lèvres fines ; pour le nez, M. Bertrand l'avait épaté et celui de mon fils est presque aquilin.
MONSIEUR POULTIER. — C'cst son regard vif et doux*