‹ uvres choisies de DoratChapitre 112 sur 142 · AUX ÉDITEURS · texte numérisé non relu

AUX ÉDITEURS

J'y veux couler des jours sereins; Et suis , quoique l'on en murmure,, Pour les plaisirs contemporains.

Et puis , par des routes diverses On atteint l'immortalité.

Outre le chemin fréquenté , Il est des sentiers de traverses Qu'on prend pour sa commodité.

Souffrez, sans qu'on vous scandalise, Que, par ses penchants emporté, On soit immortel à sa guise.

L'un veut l'être par ses hauts faits, L'autre par ses écrits aimables :

Antonin l'est par ses bienfaits , Et La Fontaine par ses fables; Pétrarque par de froids sonnets , Homère par son Iliade :

Le madrigal et la ballade, Flanqués de quelques triolets , Valent ce titre à Benserade :

Ghaulieu le doit aux seuls appas De quelques grâces négligées; Vous, messieurs, à vos almanachs, Comme Keyser à ses dragées.

Que dis-je ! pourquoi tant d'effort?

Pourquoi ces élans du génie ?

Tel n'a de titre, après sa mort, Que l'indolence de sa vie :

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