‹ uvres choisies de DoratChapitre 113 sur 142 · DE L'ALMANACH DES MUSES · texte numérisé non relu

DE L'ALMANACH DES MUSES

Témoin l'oisif Desyvetaux (*) Qui, dans une sage apathie, Ëloignoit tous ces vains travaux, Pour abandonner son repos A la tendre mélancolie.

Le monde, à ses yeux enchantés, N'étoit peuplé que de bergères; Et chalumeaux et panetières Pendoient toujours à ses cotés.

La mort pour lui fut un passage :

Exhalant ses derniers soupirs, Il crut dans un nouveau bocage Renaître à de nouveaux plaisirs.

Il descendit aux sombres rives, Une houlette dans la main ; Et près de lui son air serein Fixa les ombres fugitives.

Ainsi finirent ses beaux jours Évanouis dans la mollesse; Et son nom, qui vivra sans cesse, Fut déposé par la paresse Dans les annales des amours.

O trop heureuse indifférence !

Calme, abandon voluptueux!

(*) Célèbre paresseux de l'autre siècle : il étoit presque toujours en habit de berger, et fît quelques chansons pastorales. Son nom est consacré par les vers de Chapelle , de Chaulieu , et surtout par ce qu'en a dit Voltaire.

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