‹ uvres choisies de DoratChapitre 140 sur 142 · L'IMMORTALITÉ · texte numérisé non relu

L'IMMORTALITÉ

environnes!

J Je quels charmes tu Que je sens près de toi d'amoureuses fureurs ! Comme ils sont parfumés les baisers que tu donnes î

En les cueillant, je crois cueillir des fleurs, Telles que les vergers d'Hymette En fournissent dès le matin A ces filles de l'air qui sur la violette Et l'œillet et le lis vont chercher leur butin. Le souffle de ta bouche est comme une rosée Qui court de veine en veine , enivre tous les sens , Fait couler à longs traits dans mon ame embrasée Le délire, les feux, le nectar des amants.

Poursuis, poursuis; encore une caresse,

Et je deviens immortel dans tes bras.

Mais ce titre n'est rien et ne me séduit pas, Si ma flamme à son tour ne te change en déesse. Ah ! l'immortalité ne sied bien qu'aux Amours : Sous la même couronne il faut qu'ils nous unissent; Si je ne vis pour toi, si nos plaisirs finissent,

Qu'importe, hélas! que je vive toujours?

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XIXe BAISER.

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