‹ uvres choisies de DoratChapitre 67 sur 142 · AVIS AUX SAGES DU SIECLE · texte numérisé non relu

AVIS AUX SAGES DU SIECLE

Partout dans nos bourgs, dans nos villes

Pullulent vos admirateurs;

De vous on s'occupe sans cesse.

Multipliant vos traits sacrés ,

Du burin la savante adresse,

Pour satisfaire à notre ivresse,

Vous a cent fois défigurés.

A votre gré tout s'exécute;

Pour rendre vos noms plus fameux ,

La nation fait de son mieux ,

Et par égard vous persécute.

Tout vous sert, censeurs, partisans.

A ces écrits que l'on adore,

Quoique hardis et malsonnants,

Pour donner plus de vogue encore,

On les brûle de temps en temps.

Le moyen de pouvoir se plaindre !

Non, non, respectables rivaux,

L'oubli pour vous n'est plus à craindre;

Cueillez le fruit de vos travaux.

Des passions l'obscur nuage

Offusque la jeune saison :

Le jour tardif de la raison

Doit éclairer l'hiver du sage.

Aux athlètes qui sur vos pas

Se hasardent dans la carrière ,

O mes maîtres! ne donnez pas

L'exemple de ces vils combats

Qui font rougir chaque adversaire.

Pour l'honneur de l'humanité, Soyez unis , daignez m'en croire ; Vous avez la célébrité, Il faut songer à votre gloire.

Il est des plaisirs si flatteurs !

Régner sur notre ame attendrie , D'une céleste poésie Déployer les riches couleurs, Abattre d'une main hardie L'hydre affreuse de nos erreurs , Et lancer les foudres vengeurs De cette intrépide éloquence Qui sait arracher l'innocence Au couteau des persécuteurs :

Voilà vos droits, vos avantages.

Soyez toujours nos bienfaiteurs; Et , plus dignes de nos hommages , Achevez enfin par vos mœurs Ce qu'ont ébauché vos ouvrages.

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A M. DE PEZAI

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