QUI ME CONSEILLAIT DE REPONDRE A UNK CRITIQUE
Vous voulez, pour -un foible outrage, Que j'aille sonner le tocsin , Afficher avec étalage Un ressentiment enfantin, Et me venger en écrivain, Quand je puis m'amuser en sage?
Ma foi, je n'ai point ce courage.
À mon drame un peu brusquement J'ai voulu donner la naissance :
Le public eut la complaisance De m'en dire son sentiment, Et de m'avertir, en bâillant, De mon défaut d'expérience; J'ai cédé par reconnoissance Aux vœux de ce juge indulgent.
Et nous voilà quittes, je pense.
Après cet accommodement,
y± A M. D**% ÉPITRE IL
Dans l'arène irois-je descendre,
Remuer une triste cendre
Qui repose paisiblement?
C'est trop exiger, trop prétendre;
Laissons mon drame, s'il vous plaît
C'est bien assez de l'avoir fait ,
Sans qu'il faille encor le défendre.
Que j'aime la sérénité De l'apathique Fontenelle !
Je veux le prendre pour modèle, Au moins dans sa tranquillité.
Le bonhomme, selon l'usage, Fut par les sots persécuté.
Déjà siffloit sur son passage La triste médiocrité.
Ses yeux se détournoient à peine; A peine il entendoit leurs cris :
Il se sauvoit, par le mépris, Des tourments que donne la haine.
Enfin, très-dispos et très- vieux, Dans un calme voluptueux Il mourut, sans daigner confondre Les sots, qu'il dut bien étonner, Et qui n'ont pu lui pardonner D'être ainsi mort sans leur répondre.