VUTEUR D UN ELOGE DE LA FONTAINE
VJ|uelque part que soit le bonhomme (Dieu le sait, moi je n'en sais rien), Je suis sûr qu'il te veut du bien, Et qu'il sourit dès qu'on te nomme.
Le voilà ce cher paresseux , Si négligé pendant sa vie, Elevant son front radieux Que couronne une académie!
EPITRE VIL 3o7
On sait enfin l'apprécier!
Dans son portrait sa grâce éclate,
Et ta louange délicate
Rafraîchit encor son laurier.
Tu nous mets dans la confidence
De ses pacifiques humeurs,
Et nous découvres l'alliance
De ses talents avec ses mœurs.
Très-finement tu nous exposes
Le mystère de ses écrits ,
Et les fleurs que tu décomposes
Ne perdent point leur coloris.
Tu nous peins sa philosophie
Qui fut un instinct précieux,
Sa nonchalante bonhomie ,
Un sens droit caché sous les jeux,
Une foule de mots heureux
Qui font rire jusqu'à l'envie,
Sa piquante naïveté ,
Et sa simples se et sa gaîté ,
Et la bêtise du génie.
Du fond des immortels réduits ,
A cette heure il te dit peut-être :
Ma foi, je ne croyois pas être
Si grand homme que je le suis.
Quoi, là-haut encore on me cite,
Moi, très-modeste fablier!
Vous venez de m'initier
slô.
3o8 A M. DE CHAMFORT, EPIT. VII.
Dans le secret de mon mérite.
Si c'est un piège qu'on me tend, C'est avec plaisir que j'y donne.
Dans ce beau portrait qui m'étonne, L'esprit se montre à chaque instant; Et je crois, Dieu me le pardonne, Que mes renards n'en ont pas tant.
Mais où va ma muse infidèle, Que souvent je suis malgré moi?
Peintre charmant, ce n'est qu'à toi De faire parler ton modèle.