‹ uvres choisies de DoratChapitre 82 sur 142 · VUTEUR D UN ELOGE DE LA FONTAINE · texte numérisé non relu

VUTEUR D UN ELOGE DE LA FONTAINE

VJ|uelque part que soit le bonhomme (Dieu le sait, moi je n'en sais rien), Je suis sûr qu'il te veut du bien, Et qu'il sourit dès qu'on te nomme.

Le voilà ce cher paresseux , Si négligé pendant sa vie, Elevant son front radieux Que couronne une académie!

EPITRE VIL 3o7

On sait enfin l'apprécier!

Dans son portrait sa grâce éclate,

Et ta louange délicate

Rafraîchit encor son laurier.

Tu nous mets dans la confidence

De ses pacifiques humeurs,

Et nous découvres l'alliance

De ses talents avec ses mœurs.

Très-finement tu nous exposes

Le mystère de ses écrits ,

Et les fleurs que tu décomposes

Ne perdent point leur coloris.

Tu nous peins sa philosophie

Qui fut un instinct précieux,

Sa nonchalante bonhomie ,

Un sens droit caché sous les jeux,

Une foule de mots heureux

Qui font rire jusqu'à l'envie,

Sa piquante naïveté ,

Et sa simples se et sa gaîté ,

Et la bêtise du génie.

Du fond des immortels réduits ,

A cette heure il te dit peut-être :

Ma foi, je ne croyois pas être

Si grand homme que je le suis.

Quoi, là-haut encore on me cite,

Moi, très-modeste fablier!

Vous venez de m'initier

slô.

3o8 A M. DE CHAMFORT, EPIT. VII.

Dans le secret de mon mérite.

Si c'est un piège qu'on me tend, C'est avec plaisir que j'y donne.

Dans ce beau portrait qui m'étonne, L'esprit se montre à chaque instant; Et je crois, Dieu me le pardonne, Que mes renards n'en ont pas tant.

Mais où va ma muse infidèle, Que souvent je suis malgré moi?

Peintre charmant, ce n'est qu'à toi De faire parler ton modèle.

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