‹ uvres choisies de DoratChapitre 92 sur 142 · LE SERPENT ET LA COLONNE · texte numérisé non relu

LE SERPENT ET LA COLONNE

U n serpent des plus étourdis Sous le parvis d'un temple insulte une colonne;

Et le voilà qui l'environne

De ses innombrables replis.

Il est temps, dit-il, qu'on t'abatte, Que de ton faste antique on délivre les airs. En même temps jaillissent les éclairs

De sa prunelle d'écarlate.

Il s'enfle, il se courrouce, il vomit son poison; Et dans l'accès de sa rage inutile ,

Va contre le marbre immobile Dardant les traits aigus de son triple aiguillon. Un passant qui survient coupe en deux le reptile, Qui, dans l'instant détaché du fronton,

Ensanglante le péristyle , S'agite, et rampe encor sur son double tronçon : Mais, malgré ses efforts, la force l'abandonne; Sa crête, qui pâlit, veut en vain se dresser;

Il meurt au bas de la colonne

Qu'il s'efforçoit de renverser.

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