LIVRE PREMIER. i
Sur tes habilants oonstemés.
Tout périt: arts, beauté , courage; Rang , sexe , âge , espoir, tout s^éteint : Tout est la mort, ou son image ; Tout la fîiit 9 la reçoit , la peint.
La flanmie ondoyante , insensée , Du sein des palais élancée Roule dans les deux obscurcis :
Et la cendre éparse et brûlante S'élève en nue étincelante Que percent d'effroyables cris.
Toi , dont la touchante aventure Consacra ces moments d'horreurs , Jeune amant , la race future Sur ton sort répandra des pleurs.
Déjà ta flamme impatiente Revoloit au sein d'une amante Qu'un père accorde à tes soupirs ; Déjà tu vois cette journée Où le flambeau de l'hyménée S'allume au feu de tes désirs.
De fleurs les auteb s'embeUissent , Et l'Hymen reçoit vos serments :
Tremble , Ampur ! tes roses pàhssent Sur la tète de ces amants.
Cependant leur brûlante ivresse Sembloit accuser la paresse De la nuit promise à leurs feux :
Ah l recule, nuit trop fatale !
Mais sur la couche nuptiale Le Plaisir s'élance avec eux.
Plaisir trompeur ! nuit peu durable !
Amour, protège leur sommeil.
Tendre époux I amant déplorable tv^r.: . Mais ({uels bruits ! quel affireux réveil 1 Quel spectacle ses yeux découvrent !
Les voûtes s'ébranlent , s'entr'ouvrent ; La mer roule sur les lambris :
Son épouse fuit éperdue ; Il court ; ses pas, son cœur, sa vue La cherchent parmi les débris.
Il ose enlever son amante ; L'amour connott-il les dangers ?
Il saisit une barque errante ; Il veut fîiir aux bords étrangers.
L'espoir, la voile se déploie ; Mais Tonde rappeUe sa proie , Et la repousse en mugissant :
Un même gouffre les rassemble ; Et , jaloux d'expirer ensemble , Ce couple y tombe en s'embrassant.