‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 102 sur 177 · LA SAGESSE · texte numérisé non relu

LA SAGESSE

O nature! 6 ma mère! 6 déesse étemelle !

Toi que Terreur des lois veut rendre criminelle ,

Je t*implore, descends, respire dans mes vers !

O source du génie , ame de Tunivers ,

Cest toi , fille des dieux , toi dont les mains fécondes

Forment la chaîne immense et des temps et des mondes.

28a LA NATURE.

Ta volonté suprême est ta suprême loi ;

Ton régne illimité n a de borne que toi.

Loin au-delà des deux où tes flammes circulent

De ton immensité les bornes se reculent.

C'est ta main qui semoit sous tes pas radieux

Leur poussière étoilée aux vastes champs des deux.

Éclaire des mortels l'orgueilleuse ignorance:

O centre ! qui jamais n eus de circonférence ,

Comment fis-tu rouler dans le cercle des ans

Et les rapides jours et les siècles pesants?

Tu dis , et du chaos les gouffres disparurent ; La matière, l'espace et le temps accoururent. Autour de toi flottants , les mondes et les cieux N'attendoient pour marcher qu'un signe de tes yeux. Tu sortis de toi-même , et ta main sûre et libre Au sein des mouvements balança l'équilibre, Vers un centre commun fit peser tous les corps, Des éléments rivaux assembla les accords , Alluma les soleils, suspendit les planètes. Et crayonna leur route aux rapides comètes ; Fit éclore en jouant les astres et les fleiu-s , De Tare brillant des cieux miança les couleur»; Sut diviser l'atome en points inaltérables, Enferma dans un gland des forêts ilhBombiables , Brisa l'angle, et du cercle arrondit le» contow». Tuconmandas aux loersleur fuite et lews retours; Jetas dftns l'ooém les pesantes baldnes ,

CHANT PREMIER. a83

Soufflas l'air, et des vents dispersas les haleines; Recourbas les vallons, inclinas les coteaux, Du centre des rochers versas Fume des eaux , De chaque être fixas et le germe et l'espace , De Fénorme éléphant appesantis la masse, Du ciron invisible arrangeas les ressorts , Et soutins des oiseaux les rapides essors.

Mais rhomme qui respire , étonné de lui*méme , Fut le chef-d'œuvre heureux de ton soufiBe suprême ; C*est pour lui que ta main, prodiguant les moissons, Entrelaça les jours , les nuits et les saisons. Toi-même dans son ame imprimas ton image , L'aveu de son bonheur te devint son hommage; Né libre , il ne connut de souverain que toi , Et l'univers naissant applaudit à son roi.

Ah ! combien son erreur a voilé ta lumière.

Et qu'il s'est égaré de sa route première,

De ce premier bonheur qu'aux champêtres humains

Qffiroit ce globe , à peine échappé de tes mains !

Et vous , de ta nature immortelles compagnes , Vous , déités des bois , vous , nymphes des campagnes , Laissez-moi parcourir vos bosquets ombragés , Que l'art contagieux n'a jamais outragés; Ouvrez-moi ces berceaux de Pomone et de Flore » Où sourit la nature, où l'ame semble éclore.

Guidez mes pas errants aux sources de œs eaux

Où Diane se plonge entre mille roseaux;

Laissez-moi, le front ceint d olive et d'amarante,

Fouler de vos tapis la richesse odorante;

Livrez à mes regards vos asiles secrets,

Ces lacs, ces prés, ces bois, ces grottes, ces forêts;

Versez dans tous mes sens l'harmonieux délire;

Tandis qu'à vos bien&its je consacre ma lyre,

Déesses, prêtez-moi l'ombre de vos rameaux;

Je chante un bonheur pur, né du sein des hameaux.

Et toi qui, des grandeurs dédaignant Timposture, Ne connois que Tamoûr, la gloire et la nature » Muse, qui sur ma tête as versé tes rayons. Sous les yeux de Paies dirige mes crayons. Des moissons du bonheur viens séparer l'ivraie; PeinsHious dans les hameaux la sagesse plus vraie, La liberté plus fière ; et d'un vol plus heureux Le génie et l'amour y déployant leurs feux.

De ces divins objets ma lyre est animée; Si du siècle de fer la rouille envenimée A corrompu les cœurs et souillé Funivers, Que du moins l'âge d W renaisse dans mes vers !

Le sage aime à rêver dans un réduit champêtre; L^agneau qu'il voit bondir, la br^is qu'il voit paître, Les taureaux qu'il entend mugir dans les vallons.

Le fer cultivateur, luisant sur les sillons , Les forêts , les coteaux et leur fertile pente , Un zéphyr qui s'égaie , une onde qui serpente , Flattent plus ses regards justement enchantés Que le feste indigent des profanes dtés.

Eh ! que dit à nos cœurs la pompe de nos villes , Ces palais élevés par tant de mains serviles , Ces rapides coursiers , ces chars tumultueux , Ces dehors imposants d*un ennui festueux? Qu offi:ent-ils aux regards ? des surfaces trompeuses , Des plaisirs inquiets » des misères pompeuses , Le mérite courbé* sous le joug des tyrans , Et de l'antique honneur les restes expirants. Là des crimes heureux le ciel paroit oompUce, Mais llionneur est vengé, sa vue est leur supplice; La richesse est le prix des vices intrigants , Et des larcins de For l'or absout ses brigands.

Je sais trop que Voltaire , abusant du génie ,

Aux champêtres vertus prodigua l'ironie;

Et , refusant ses mains au culte de Cérès ,

A d'un vers dédaigneux insulté nos guérets;

Jeux sanglants de Tesprit, funeste badinage,

Plus cruel que le fer instrument du carnage,

Qui, dépouillant le cœur de sa noble fierté,

A la mollesse , à l'or, vendit sa hberté !

Malheureux qui changeoit , avec trop d'imprudence ,

Aux festins des tyrans la sobre indépendance \ Prodigieux mortel l homme unique et divers , Tantôt avec les dieux planant sur Tunivers, Tantôt jusqu'à Zoïle abaissé dans la fange, De force et de foiblesse incroyable mélange ; Homme au-dessus des rois, s'il les eût ignorés, Et le dieu des talents, s il les eût révérés. Mais du cygne françois * diflamant Tharmonie, Il courut dans le Nord flatter la tyrannie. Long-temps de rois en rois son orgueil a rampé Sous un joug éclatant que ses pleurs ont trempé. Enfin il guide au port une orageuse vie, Et redemande aux champs sa liberté ravie : Les champs et la nature animent ses accents, Et ce bonheur si pur a son dernier encens.

O maison d'Aristippe ! ô jardins d'Épicure ' !

C'est vous qu'il imploroit dans sa retraite obscure ;

De ses destins errants il a fixé le cours

Près d'un lac et des bois, loin des trompeuses cours.

Là ce vieillard fameux jouit de sa mém<Mre;

Il rallume sa vie au flambeau de la gloire.

Gomélie a volé dans ses bras généreux;

Il a tout expié, puisqu'il &it des heureux.

Ainsi, quand de Vénus les flammes sont éteintes,

Quand de l'ambition il sent moins les atteintes,

' Le ^and Rousseau. ( Xote de l'auteur, )

• Ce vers est de M. de Voltaire lui-même. ( /«/. )

CHANT PREMIER. aSy

Ijb cœur revole aux champs dont il fut séparé : Il ramène au bonheur son hommage égaré.

Heureux qui, soulevant une chaiue importune, Détache ses destins du char de la Fortune, JEt sans la fatiguer de soupirs étemels , Cultive de ses mains les guérets paternels ! Moins envié peut-être, et plus digne d'envie, Aux mortels indiscrets il dérobe sa vie ; Lioin des cris insensés d un vulgaire odieux , L'innocence des champs rend Thomme égal aux dieux. Libre au sein des forêts, sa vertu solitaire

Y rompt des préjugés la chaîne héréditaire,

Y jette aux aquilons nos stupides erreurs, Et le sombre avenir et ses pâles terreurs.

Oui , la cour de Paies est lasile du sage; C'est là que de son ame il £aiit l'apprentissage; Et rendant la nature à ses antiques droits , Du fond de ses déserts interroge les rois. U pénétre ces cœurs fiers de notre foiblesse, De ses frêles appuis dépouille leur mollesse; Et tous ces dieux mortels , ouvrages de nos mains, Rentrent à ses regards au niveau des humains.

Tel à des yeux divers le spectacle varie,

Tel aux yeux du pasteur, couché dans la prairie,

Le chêne qui déploie un front démesuré ,

Semble être un dtoyen de Fempire azuré. Mais au regard perçant de Faigle vigilante Qui pénétre des airs la voûte édncelante, L'orgueil du chêne rentre au niveau des sillons , Et se mêle aux tapis de nos humbles vallons. Mais la fierté de Taigle errante sur la nue Des regards du soleil est à peine connue, Et ce même soleil n'est aux regards des* dieux Qu'une étincelle , un point dans Fabyme des deux.

Voila donc tes degrés, 6 superbe existence ! Et du monarque au sage il est plus de distance Que du sage aux dieux même ; image de ces dieux , Son ame en réfléchit quelques traits à nos yeux.

Roi superbe , ta cour aura peine à comprendre Ces nobles vérités qu'ici j'ose t'apprendre. Sur le sage oublié tu versas tes mépris , Mais d'un sage et d'un roi distingue enfin le prix. Dépouille ta couronne et l'orgueil d'un vain titre; Prends le tombeau pour juge, et la mort pour arbitre. L'un meurt, et dans la poudre il reste confondu; L'autre, s'ouvrant le ciel dont il est descendu, T vole sur un char que la gloire soulève; Ainsi le vil plomb tombe, et la flamme s'élève; Aux jours des souverains leur régne est limité , Mais l'empire du sage est l'immortalité.

Que Cérès des mortels soit à jamais chérie ! G est le premier sillon qui fixa la patrie. La foudre fit les dieux , le glaive fit les rois ; Cërès , le soc en main , vint nous donner des lois : Non ces lois qu a grands cris la chicane infernale Vomit impudemment de sa bouche vénale , Et qu'osent nous dicter ces brigands de Thémis» De ses droits les plus saints profanes ennemis. Un vil j uge , abruti par Finfinne luxure , Ivre encor des baisers de sa Laïs impure , Viendra, pour couronner ses impudiques feux, De nos plus saints hymens briser les chastes nœuds ; Et, du voile des lois couvrant Taffireux mystère. Lancera ses arrêts d'une bouche adultère, Jusqu'au jour où rompant un sonmieil odieux , La foudre doit enfin justifier les dieux.

Heureux cultivateur des champs qui t'ont vu naître, Que ton bonheur est pur, si tu sais le connoitre; S Thémis n'y vient point, par de noires clameurs. T'y fatiguer de lois moins pures que tes mœurs; Lois que la brigue ou l'or plie à son vil usage , Esclaves des tyrans , et les tyrans du sage ! L'ame devient champêtre à l'aspect des hameaux, Y vole avec Zéphyre, y coule avec les eaux ,

ago LA KATU.RE.

S'afflige avec Délie au chant de Philoméle, Sourit avec la fleur, s épanouit comme elle, S épure avec l'aurore à son brillant retour, Se colore des feux qu'épand lastre du jour, Et , pour son bonheur seul, ingénieux protëe , Devient tous les objets dont $a vue est flattée.

Leschampssontnosberceaux. Tofithommeastnëpasteur.

Le premier des. mortels, est un cultivateur,

Et le second peut être un roi qui leprotége.

Il n'a. point des grandeurs: le fiaistueux cortège.

Mais sous un toit rustique, il goûte un doux sommeil ;

Chaque aurore lui verse.un jour pur et.vermeil.

Le fifre aux sons aigus , la trompette éclatante,

Le bruit sourd des tambours nontjamais sousda^tente

Réveillé de Paies le paisible héros.

Il laisse à, Frédéric ces combats , ces assauts,

A l'œil sanglant de Mars pompes voluptueuses.

Le fer est innocent dans ses mains vertueuses,

Ce fer qui , désormais partageant nos fureurs ,

D'un carnage effi^né respire les horreurs;

Ce ferque lui prêta la céleste indulgence,

Pour cultiver ses champs, pour vaincre l'indigence,

Pour moissonner la gerbe aux f!ètes de Qénès,

S'armer.contre l'hiver du secours d^<fbréts.

Et loin de ses foyers et de sa bergerie

Du monstre affreux des bois repousser la furie.

CHANT PftEMIER. agi

Élève de Paies , ô môftél gfënéreux !

Toi qui d'un fer paisible ouvres tes ebatups beureux ! Jamais rafGreilx duél , monsttie impie et farouche , La fdjhÊur dans les'yeiix et Fittàulte à' ia'bouctee , De rage, de vèugêancfe et de sang altéré. N'arma tes wAins d*un glaive aux meurtres préparé. Tu ne la conçois pas , cette borrible folie Qu adopta du' François la cruauté polie, Et qui , fermarit l'oreille aux Cris de k* pitié , Pour venger des égdrds égorge l'atnitié.

La raison ckiméroit la fiireur qui Tënime;

Mais d*un blâmé moqueur l'efiroi pusillanime,

Précipitant son bras à ces triâtes exploits,

Le jette entre la mort et b rigueur des lois.

Ab ! ces Grecs, ces héros au-dessus de l'outrage,

De cesiàébes fureurs souilloiént-ils leur coiirage?

L'art dn gladiateur, vil aux yeux desHomains,

A ces meurtres obscurs n'instruisolt pas'lelirs itialns.

Citoyens désarmés- à l'ombre des murailles,

Ils cherchoient aux combats d'illustres funérailles;

Vengeurs de la patrie, ils ne daignoient périr

Qu'aux yeux deTunivers ,'et pour le conquérir.

Mais vous, héros du'meurtre, itihiimains par foiblesse,

Impatients d'un mot, d'un geste tjui vous blesse,

Barbares ! vous plongez au cœur de vos amis

Ce glaive réservé pour des'flanës ennemis.

O sainte humanité ! par tes soins , par tes larmes ,

Arrache de leurs mains ces parricides armes.

Enfants de la nature, ils osent loutrager!

A ses yeux , sur son sein , ils courent s'égorger !

Ah ! cruel ! entends-la soupirer et te dire :

Tu ne saurois créer, oseras-tu détruire?

Tu Toses ! vois le prix dont ton glaive est jaloux; Vois ce corps tout sanglant, tout percé de tes coups. Tu recules d'horreur ! ton pied tremblant s'égare; Ton cœur même s'écrie : Ah ! qu'as-tu fedt, barbare! Où fîiir? ton cœur sans cesse accusera ta main : La nature voudroit te bannir de son sein. De ton barbare honneur connois donc l'imposture. Va, le crime commence où cesse la nature ! Ose sur ta vertu mieux consulter sa voix. Faux brave, du Brave Homme ' admire les exploits. V6is-le, sept fois plongé dans ces flots pleins de rage, Ravir sept malheureux aux horreurs du naiifrage; Vois cette humanité , qu'on ne sert pas en vain , D'un obscur matelot faire un mortel divin.

Plus utile à ton roi, plus brave encor peut-être, Quand un flatteur l'aveugle, ose éclairer ton maître; Sauve la vérité du naufinage des cours.

* On se rappelle la belle action dn matelot Broussard, qui fut surnommé U Brave Homme.

La cabane indigente appdtetes secours ; Verse un or généreux sur ces pâles victimes , A qui la faim peut-être eut conseillé des crimes. Dans la nature alors tout va rire à tes yeux : Le prix est dans ton cœur, U paie avant les dieux.

(Après la description géorgique des travaux , des exercices et des amasements joarnaliers de mon sage champêtre.)

Ainsi d'un champ fertile exerçant la culture ,

Aux soiu^ces du bonheur, plongé dans la nature,

U ne soupçonne pas le plus vil de nos maux ,

L^ennui ! Son bonheur pur naît du sein des travaux.

Ses longs jours, écoulés loin du dieu d'Épidaure,

Semblent braver les maux que déchaîna Pandore :

S'il en connut jamais , ce fut par la pitié.

Mais que ne charment point lamour et Tamitié?

L'amitié sans langueur, Tamour sans jalousie,

Semèrent tom^-tour des roses sur sa vie.

Son automne ressemble à nos plus doux printemps.

Il cueille encor des fleurs sur les glaces du temps.

Adoré de ses fils, leur riante jeunesse

Est llionneur de ses jours , Tappui de sa vieillesse.

Quand sa dernière aurore enfin brille à ses yeux ,

Couronné de sa race, il va chez ses aïeux.

A la poudre échappé sans peine il y retombe ,

Et loin de son berceau n'égare point sa tombe.

294 LA NATURIî;.

Tel est; dompté. p^r i'âgQy ua chêne. aûnédes diew.

Que jamaj3 n ont flétri 4qs vept^ cpni^giew^

f I vieillit, loais^du tepap^ Ja faux iiiexpi;8d)ile:

Ne frappe qu a regiret s^ tètç vénérable..

Ses rameaux.bien&isantSt ni^meda^s lQur$4ébris,

Au temple de la Paix serviront de lambris.

Caressé des zéphyrs, resppct^ des tempêtes.

Citoyen des hameaux, il protégeoit leurs fétes.

Jamais il n-a prêté d'asiles aux forfaits;

Il n est plus , mais il vit enoor dans ses bienfaits.

Il n a point pit>fané ses ombres ingénues

Autour de ces palais , fiers de tant d'avenues.

La colombe y vola sans crainte du vautour.

Le myrte dès amants se plaisoit alentour,

Les nymphes, les pasteurs ont gémi de sa perte.

La forêt, qui le plaint, semble veuve et déserte.

Le tronc qui reste à peine est encore immortel;

Jadis cher à Paies , il en devient l'autel ;

Et le voyageur même , instruit de sa disgrâce ,

Du Ueu qu'il ombrageoit révère encor l'espace.

Tels seront tes destins, 6 vieillard fortuné !

Mais tel n'est point le sort d'un tyran ooaironné. Il meurt, et sa mémoire expire et s'évapore. Avec le fol encens du flatteur qui l'adore ; Et, même de sa cour, en mourant exilé, Il s'ouvre loin du trône un tombeau reculé; La terre Je dévore, et n'est plus son empire.

CHANT PRËMIEli. pgS

Ainsi du sein des mers dîsparolt un navire. La dryade en pleurant vit cet audacieux Fuir Fasile ombrage des sapins ses aïeux. Impatient, il Vole, il dédaigne la terre. Un dieu même en ses flancs déposa son tonnerre. Il entraîne avec lui ces mortels égarés Vers les sources de lor demi ils sont altérés. Souveraine des airs , sa voile triomphante Leur promit les trésors que le Potose enfante. Il rouloit sur les flots, colosse impérieux. Son corps presseit l'aliymev et sa tête les deux. Mais quand , au jour fatal, ses noires destinées Ejiveloppent ses mâts, ses voiles consternées, Qu'en vain il lutte encor sur un gouffi*e orageux , Où déjà le naufrage étend ses bras hideux ,* Ni les vœux ni' les cris de ces pâles victimes Dans leur tombe fiéttante^implorant les abymes, Ni les trésors de'Flnde en tonsein renfermés, Ni les foudres des rois , dcmt ses flancs sont armés , Rien n'a pu Tamicber au gou&e^qni Tembrasse, Et Fonde inexorable en absorbe la trace. A peme unvil débris rejeté par les mers - Redira son naufimge à de lointains déserts.

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