IMITATION DE MOSCHUS
Quand ^ mes yeux séduits la mer parolt sourire. Crédule , je me livre aux conseils du Zéphire ; Je me plais à gui4er la Iiarque où ma Zélis , Sur la fin d un beau jour, s^abandonne à Téthys , Et contemple avec moi Fastre de Gythérée, Au doux balancement de la vague assurée.
Tandis que sur son char Diane ouvrant les deux , Argenté mollement les flots silencieux, Quel charme de n avoir, dans ce calme du monde, De témoins que Tamour, de confident que l'onde !
Mais quand Tazur des eaux se trouble et se noircit , Quand d'un voile orageux Diane s'obscurcit. Et que le doux Zéphyr va céder à Borée Tout 1 espace écumant des gouffres de Nérée, Et que déjà les flots grondent de toutes parts, Je fîiis ; la terre seule invite mes regards ;
Je reviens à Cybéle, à ces riants bocages ,
Où le tremble ondoyant fait parler ses feuillages.
Eh ! qui n aimeroit pas ce calme des forêts ,
Et ces paisibles flots qui dorent les guérets ?
Que je te plains , ô toi , dont la frêle nacelle Va tenter sur les mers une proie infidèle ! Fugitive, elle échappe à tes réseaux confus ; Moi, sous Fasile frais de ces arbres touffus. Heureux , je vais m*asseoir près â*une source pure, Qui , loin de m^effiayer, m'endort par son murmure ; Plus heureux si Zélis , troublaiït ce doux sommeil , Enivre de baisers le moment du réveil !