LIVRE PREMIER
De Philoméle assourdir le ramage, Et des ruisseaux le doux gazouillement , I^un pédant lourd tu ne connois l'image , Tu nas ouï ni vu maître Frément '.
En se traînant la pesante tortue Accuse en vain Taigle qui fend les airs : En vain encor La Harpe s'évertue , Et, se donnant pour régie à l'univers, Rampe avec art dans ses timides vers.
Apollon rit de tous ces nains rebelles , Qui, du Parnasse ignorant les hauteurs.
Pensent mener par des routes nouvelles Au petit pas le coursier des neuf Sœurs : C'est pour voler que Pégase a des ailes.
LXVIH.
Remède contre [Insomnie.
Dans les horreurs d'une ardente insomnie Au doux sonuneil j'adressois maint soupir : Lors je lus Bliii ; et ce n'est calonmie, Je bâillai tant que je crus m'assoupir . Puis j'essayai des vers académiques ,
' Sous ce Dom, Lebrun désigne Client.
4i2 ÉPIGRAMMES.
Puis des pamphlets qu'on dit économiques : Je lus encor préfaces de Piron , Et du La Harpe, et même du Fréron.
Rien n opéroit. J'ouvre enfin ce poème Plus ennuyeux cent fois que l'ennui même; O Mois ! ô Mois ! vous m*a vez endormi De prime abord pour un siècle et demi.
J'aime qu'on soit bref et juste en réponse. Au plus méchant des méchants barbouilleurs , Au plus braillard des braillards bredouilleurs Quelqu'un disoit : Toi qui n'as pour une once De vrai talent, et pas un sou d'aiUeurs, Ck>mment vis-tu ? que fai&-tu ? — Je dénonce.
Sur Flins.
Des léthargiques rimeurs Flins est bien le coryphée; Lui seul vaut mille endormeurs; Cest le vrai fils de Morphée; Ce dieu coule dans ses sens.
Sa lourde muse est coiffée De pavots assoupissants.
Qui pourroit troubler sa vie ?