‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 137 sur 177 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

Sur La Harpe, excellent professeur de poésie au Lycée.

Oh ! La Harpe est vraiment un professeur unique ! Il vous parle si bien de vers, de poétique, Qu'instruit par ses leçons , on ne peut désormais Lire un seul des vers qu'il a fiûts.

Sur Desorgue.

Mes amis, que Dieu vous garde Du rimailleur Ragotin !

Il est pis qu'un diablotin, Quand son Pliébus le poignarde.

On diroit que l'herbe sarde Tord la bouche à ce lutin.

Des Francs il se croit le barde; Mais il y perd scm iatin.

Sa rimaille est du fretin , Et sa lyre une guimbarde.

Mes amis, que Dieu vous garde Du rimailleur Ragotin !

J un sot en place^ qui me parlait dun prétendu bruit que je ftUsois,

Écho de la sottise et de la populace , Ministre à longue oreille, ignare et lourd Midas, Tu me parles de bruit ! je n en &is qu*au Parnasse ; Et ce bruit, tu ne l'entends pas.

Sur les Traductions en vers.

Gardez-vous bien du mot à mot,

Horace et le goût U renie.

Tout pédant traduit comme un sot.

C'est la grâce , c'est l'harmonie ,

Les images , la passion ,

Non le mot, mais l'expression,

Que doit rendre un libre génie.

Le plus fidèle traducteur

Est celui qui semble moins 1 être.

Qui suit pas à pas son auteur

N'est qu'un valet qui suit son maître.

Page 1