‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 138 sur 177 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

Sur ce quun avocat avoit proposé à F Assemblée natiorude de supprimer les pensions des gens de lettres , vu tinutUité des poètes et des orateurs.

Dans sa jeunesse 9 à ce qu*il dit, M*** fiit homme de lettres.

Il feisoit alors prose et métrés , Que jamais Phébus n'applaudit ; Puis devint avocat maudit.

Or Phébus est sa béte noire.

Fermons le Temple de Mémoire, Dit-il , voilà mon dernier mot :

Tout littérateur n'est quW sot ; Je le fus ; vous pouvez m'en croire.

Conseils h un Littérateur.

Brise ta plume ; avilis ta pensée ;

Ne t'arme plus d'un bon mot innocent;

Ménage un fat , si ce iat est puissant ;

Prône sur-tout La Harpe et le Lycée ;

Tu charmeras nos pédantes catins.

Mais veux-tu plaire à nos jeunes Cotins ,

SifHe le goût , dénigre le génie ;

De Boileau même ose briser Fautel;

Va sans pudeur encenser monsieur Tel ;

Tu seras sot, et de TAcadémie. •

4s6 ÉPI6RAMMES.

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