A M. DE VOLTAIRE
8X7R SON ABHIVÉÇ A PARIS.
O toi ! qui,de la Seine enfin comblant les vœux , Reparoîs sur ses bords honorée par tes veilles, Toi dont ma lyre osa , pour le sang des Corneilles ,
linplorer le cœur généreux;
Phénix qui renais de ta cendre , Étonnement du monde , honneur du nom français ,
Voltaire , ne cesse jamais
De nous plaire et de nous surprendre!
Ces quatre-vingts hivers , dont tu braves le faix ,
Semblent, expiant tes succès,
Moins te vieillir que te défendre.
Oh ! qu'avec tant d'éclat la vieillesse a d attraits ! Et qu'il te sera doux, aux jeux de Melpoméne,
De voir Aménaïde en pleurs
Intéresser à ses douleurs
Les larmes de ta jeune reine !
Les Grâces, triomphant sur le trône des lis , Ont ramené les arts à la cour de Louis. Partage avec Buflbn le Temple de mémoire;
Les Muses t'ont doimé la gloire ;
Jupiter désarmé te donne encor la paix.
Sous tes lauriers la foudre expire ;
L'envie elle-même t'admire ; Et la Parque étonnée a suspendu ses traits. Mais ne va point troubler ta joie et nos hommages , Ni de tes ennemis éveiller les fureurs. Va ! ce n est qu aux bienfaits à venger les grands cœurs. Dans la coupe des dieux bois loubli des outrages. De ton midi les brûlantes ardeurs
N ont que trop élevé d orages ; D'un paisible couchant goûte enfin les douceurs ; Que ton astre à nos yeux y brille sans nuages ! Que tes derniers rayons , plus chers à nos rivages.
N'y fassent naître que des fleurs ' !