‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 153 sur 177 · A M. DE VOLTAIRE · texte numérisé non relu

A M. DE VOLTAIRE

8X7R SON ABHIVÉÇ A PARIS.

O toi ! qui,de la Seine enfin comblant les vœux , Reparoîs sur ses bords honorée par tes veilles, Toi dont ma lyre osa , pour le sang des Corneilles ,

linplorer le cœur généreux;

Phénix qui renais de ta cendre , Étonnement du monde , honneur du nom français ,

Voltaire , ne cesse jamais

De nous plaire et de nous surprendre!

Ces quatre-vingts hivers , dont tu braves le faix ,

Semblent, expiant tes succès,

Moins te vieillir que te défendre.

Oh ! qu'avec tant d'éclat la vieillesse a d attraits ! Et qu'il te sera doux, aux jeux de Melpoméne,

De voir Aménaïde en pleurs

Intéresser à ses douleurs

Les larmes de ta jeune reine !

Les Grâces, triomphant sur le trône des lis , Ont ramené les arts à la cour de Louis. Partage avec Buflbn le Temple de mémoire;

Les Muses t'ont doimé la gloire ;

Jupiter désarmé te donne encor la paix.

Sous tes lauriers la foudre expire ;

L'envie elle-même t'admire ; Et la Parque étonnée a suspendu ses traits. Mais ne va point troubler ta joie et nos hommages , Ni de tes ennemis éveiller les fureurs. Va ! ce n est qu aux bienfaits à venger les grands cœurs. Dans la coupe des dieux bois loubli des outrages. De ton midi les brûlantes ardeurs

N ont que trop élevé d orages ; D'un paisible couchant goûte enfin les douceurs ; Que ton astre à nos yeux y brille sans nuages ! Que tes derniers rayons , plus chers à nos rivages.

N'y fassent naître que des fleurs ' !

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