LIVRE PREMIER
La trace d'Amphitrite; Et les mcmts attester qu*ild sont enftmts des mers.
Sans aUer désormais , par vat lardn foneste, Dans rOlympe jalonx ravir le feu céleste, Et j nouveau Prométhée , irriter un vautour, Tu sais lancer au loin , du sein brûlant d*un verre.
Ces flèches de lumière Que de son carquois d or verse le dieu du jour.
Tu feis plus : Jupiter, assemblant les nuages , Devant son char tonnant roule en vain les orages , A d'impuissants éclats tu réduis son courroux : Ce dieu , jusqu^en ses mains , voit sa foudre égarée
Par un fer attirée, N obéir qu*au mortel qui dirige ses coups.
La nuit dérobe en vain IXïlympe dans ses voiles , Ton sublime regard y poursuit les étoiles ; Tu vois dans l'avenir s^éclipser leurs flambeaux ; Et, d^un œil de cristal armant sa foible vue,
Ton audace imprévue Dans les cieux étonnés surprend des deux nouveaux.
Là, dans Timmensité l'Édier roule ses ondes ; Des milliers de soleils , des millions de mondes : Deux forces balançant tous ces globes divers , Les éléments rivaux , l'équilibre et la vie,
Composent rharmonie , L*édifioe mouvant de ce vaste univers.
Eh ! quel autre eût tracé de ces orbes immenses La ûgure , le cours , les erreurs , les distances ? Quel autre osa peser ces corps impérieux? Ce n est plus Jupiter , c'est toi , divin génie ,
Qui , sous l'œil d'Uranie , Tiens d'un bras immortel la balance des cieux.
Au sein de Tinfini ton ame s'est lancée ; :
Tu peuplas ses déserts de ta vaste pensée.
La nature avec toi fit sept pas éclatants ;
Et y de son r%Qe immense embrassant tout l'espace ^
Ton immortelle audace A posé sept flambeaux sur la route des temps.
Tel édatoit Bufibn ! Son ame ardente et pure Dans ses brillants essors planoit sur la nature ; Il franchit Tunivers à ses yeux dévoilé. Aigle y qui t'élançois aux voûtes étemelles »
Tu sens languir tes ailes !
Et rÉrébe t envie à lempire étoile.
Jaloux de tant de gloire , un monstre au firont Uvide » De serpents dévoré , de vengeances avide, L'Envie avec horreur en contemploit le cours : Elle fuit y en grondant , sa lugubre caverne,