‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 31 sur 177 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Et vole au sombre Aveme^ De deux filles du Styx implorer le secours .

« Noires divinités 1 un demi-dieu nous brave ; « Il a conquis TOlympe , et me croit son esclave ; « Son titre d'immortel par-tout choque mes yeux : « Sa vue est mon supplice ! et pour laocroltre encore,

« Un marbre que j'abhorre « Consacre mes affronts , et ses traits odieux.

« Quoi! je serois l'Envie ! eh ! qui potura le croire, « S'il jouissoit, vivant, de ce tribut de gloire? « Si mes serpents vaincus y rampoient sous ses pas ? « Allez, courez, volez ; de ce marlure infidèle

« Détruisez le modèle ; « Précipitez Bu£R>n dans la nuit du trépas. »

Elle dit ; et courant le long des rives sombres Ces monstres font frémir jusqu'au tyran des ombres ; L'Érébe est effrayé de les avoir produits ; Et le fatal instant où leur essaim barbare

S'envole du Tartare Semble adoucir lliorreur des étemeUes nuits.

L'une au soufBe brûlant , à la marche inégale ; L'autre du doux sommeil implacable rivale. Fendent l'air embrasé de leurs triples flambeaux. La nuit avec horreur roule son char d'ébéne ;

Les nymphes de la Seine Cherchent^ en firémissant , Tabri de leurs roseauk.

Non loin de ce rivage est un séjour illuslre Qui du Pline français emprunte im nouveau lustre ; La nature, en ses mains, y remet ses trésors. Là ces filles du Styx , aux ailes enflammées ,

Par FEnvie animées Dirigent vers Buflfon leurs sinistres essors.

A peine elles touchoîent au seuil du noble asile Que la fille dllébé Fabandonne et s'exile ; Morphée , en gémissant, voit flétrir ses pavots : Leur vol a renversé ces tubes et ces sphères

Qui, loin des yeux vulgaires, Servoient du demi-dieu, les sublimes travaux.

O divine Uranie I en ces moments funestes , Quel soin t'arrête encor sur les voûtes célestes ? Ton fils succombe.... hélas 1 que t'importent les deux? Viens de tes purs rayons consoler sa païqiière ;

Viens rendre à la lumière L'ami, le confident, Imterpréte des dieux.

C'est donc peu que le ciel de talents soit avare l La terre en est jalouse I et le sombre Ténare Poursuit nos demi-<lieux jusque sur leurs autds ! Ah 1 si la mort détruit votre plus digne ouvrage.

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