LIVRE PREMIER
Et plus d'une tle épouvantée , Roulant sur sa base agitée, Se perdre en flammes sous les eaux.
Voyez ces monts , race effrayante , Peuple de géants en foreur.
Qui de leur bouche foudroyante Jettent la flamme et la terreur.
De feux leurs têtes étincellent; A leurs pieds les villes chancellent ; Ils versent des fleuves brûlants :
LHéda, le Vésuve s'entrouvre; Et Fenfer, que l'œil y découvre , Bouillonne dans leurs vastes flancs.
Sans détruire l'antique masse
Que presse Tocéan des airs ,
L^temel en change la face ,
Mobile empire des revers.
Tout naît; tout meurt; tout doit renaître;
Tout perd la forme de son être,
Frêle ouvrage des éléments :
La nature, active et féconde,
Sans cesse reproduit le monde,
Étemel dans ses changements.
Un destin jaloux et suprême Circule dans tous les climats ;
Sur le chaume et le diadème Il imprime en courant ses pas.
Tout cède, mer, peuple, rivage.
Jouet constant d*un sort volage; Nul roi ne Fenchalne à sa cour :
Il trompe une crédule joie; S'il passe sans toucher sa proie»
Il la dévore à son retour.
Smyme, Pompeiane, Héradée, Et toi , Lima , ville des rois , Du sein de la terre ébranlée Vous disparûtes à sa voix !
Triste objet de son inconstance.
Ta cendre atteste la puissance Du sort qui dompte l'univers ; Lisbonne! tu sens les atteintes Des foudres que n'ont pas éteintes Cinq lustres et deux cents hivers.
France! Albion! vous que la guerre Sépare encor plus que les flots, Autrefois une même terre Unissoit vos peuples rivaux.
L'onde enleva dans sa furie Aux bords féconds de l'Hespérie Les champs par l'Etna désolés.
Un orage est l'Hercule antique