LIVRE PREMIER
Enflent le cours dévorant:
Il renverse les dryades ; Il entraîne les naïades ; Il submerge les vallons :
Ses flots roulent sur la terre Avec le bruit du tonnerre Et l'aile des aquilons ;
Ou tel que du vaste gouffine Qu'Etna renferme en ses flancs , S'écbappe un fleuve de soufre, De rocs, de métaux brûlants.
L'air s^embrase, les champs fument ; Les forêts au loin s'allument; . Les remparts sont engloutis ; Et le volcan, dans sa rage, Roule ce brûlant orage Jusqu'aux gouflfres de Téthys ;
Tel des sommets de la Thrace Descend Mars dans sa fureur: Ses yeux lancent la menace , Et son casque la terreur; Son soufiBe allume la guerre , Son char dévore la terre :
La mort guide ses coursiers ; Et Bellone échevelée , Dans la sanglante mêlée
Presse le choc des guerriers.
Là , dans l'horreur et b poudre,
Le fer insulte le fer ;
La foudre ooiâbat la foudre ;
L edair répond à l'édair.
Oh ! que de remparts s'écroulent !
Oh ! combien de fleuves roulent
Les corps sanglants des héros !
Et de son afle effiroyable
La Discorde impitoyable
Couvre la terre et les flots.
Belle reine d'IdaUe,
Viens , dans cet affifenx moment ,
Viens aux champs de Westphalie
Reconnoitre ton amant.
Épris des feux de Bellone,
Il a brisé ta couronne :
Le fer, la mîdrt sont ses jaax ;
O Vénus ! rends-lui ta flamme;
O Vénus! calme son ame:
Éteins ce foudre orageux !
Mais loin des bornes de Tonde, Et sous des astres nouveaux , La guerre en cyprès féconde, Précipite nos vaisseaux.