LIVRE PREMIER
Les brûlants taureaux de Vulcain ; De Mars qu*il sillonne la plaine Tremblante sous leurs pieds d'airain.
D'un serpent, Teflroi de la terre, Les dents, fertiles pour la guerre , A peine y germent sous ses pas Qu'une moisson vivante, année Contre la main qui la semée, L attaque, et jure son trépas.
S'il triomphe, un nouvel obstacle Lui défend l'objet de s6s vœux :
Il faut par un dernier miracle Conquérir cet or dangereux :
Il faut vaincre un dragon farouche , Braver les poisons de sa bouche , Tromper le feu de ses regards ; Jason vole ; rien ne l'arrête.
BufFon ! pour ta noble conquête Tenterois-tu moins de hasards ?
Mais si tu crains la tyrannie D'un monstre jaloux et pervers, Quitte le sceptre du génie, Cesse d'éclairer l'univers.
Descends des hauteurs de ton ame , Abaisse tes ailes de flamme.
Brise tes sublimes pinceaux,
Prends tes etivieux poUr modèles , Et de leurs veinis infidèles Obscurcis tes brillants tableaux.
Flatté de plaire aux goûts volages ^ L^esprit est le dieu des instants ; Le génie est le dieu des âges , Lui seul embrasse tous les temps.
Qu'il brûle d W noble délire Quand la gloire autour de sa lyre Lui peint les siècles assemblés , Et leur suffrage vénét^le Fondant son trtSne inaltérable Sur les empires écroulés !
Eût-il, sans ce tableau magique Dont son noble cœur est flatté , Rompu le charme léthargique De Imdolente Volupté?
Eût-il dédaigné les richesses?
Eût-il rejeté les caresses Des Ciroés aux brillants appas , Et par une étude incertaine Acheté lestime lointaine Des peuples qull ne ven^a pas ?
Ainsi 1 active chrysalide , Fuyant le jour et le plaisir,