‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 51 sur 177 · SDR LA PAIX DE · texte numérisé non relu

SDR LA PAIX DE

J*ai vu Mars 1 je l'ai tu des sommets du Rhodope Précipiter son char et ses coursiers fougueux : Je t^ai vue , ô Bellone ! épouvanter l'Europe De tes cris belliqueux.

Ah 1 périsse le jour où la Sprée insolente , Pareille à ces torrents échappés de TEtna , Vomit son onde en feu sur la Saxe tremblante , Aux rochers de Pyma * !

Depuis ce jour sanglant, oh ! que de jours funestes Ont épuisé du sort les tragiques horreurs !

* On sait quek revers multiplies nous éprouTàmea : le roi de Polo^e fut assiège et presque pns dans son camp de Pima. Le roi de Prusse lui-même fut réduit aui dernières extrémités , sa ?iUe capitale prise, et lui sur le point de perdre ses états. Il ne sortit victorieux de cette guerre que par un excès de constance , de bonheur, et de courage. ( Noie de Vauteur, )

Que les rois ont pleuré les vengeances célestes , Et leurs propres fureurs !

Organe de la mort, la trompette efirayante Appeloit aux combats et la terre et les mers; Et l'Amérique a vu l'Europe foudroyante Tonner dans ses déserts.

Alors furent changés en glaives homicides Le soc de Triptolème et la faux de Gérés : Aux yeux du laboureur le char des Euménides Sillonna les guérets.

Sept fois Tété brûlant, sept fois l'humide automne , Sept fois le sombre hiver hérissé de glaçons , Vit la noire Atropos faire aux champs de Bellone D'effroyables moissons.

Eh ! pourquoi de la Mort précipiter les ailes? La tombe est-elle encor trop loin de nos berceaux? Malheureux ! est-ce à nous que les Parques cruelles Ont remis leurs ciseaux ?

Glaive affreux! que fais-tu dans nos mains sanguinaires? Poursuis-tu des forêts les monstres dévorants? Non: l'homme égorge l'homme, assassins mercenaires Vendus aux conquérants !

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