LIVRE PREMIER
0 sainte Humanité ! quelle effrayante image OSre à tes yeux en pleurs ce globe malheureux , Tous ces fleuves de sang, ces plaines de carnage, Et ces pièges de feux?
Sans doute J!ïémësis , en ses profondes nues^ >. Accumulant sur nous les orages du sort, Lança de toutes parts ces flèches inconnues Au carquois de la Mort.
Assez et trop long-temps ont roulé sur nos tètes Tous ces globes de fer qui brisent les remparts ; Trop long-temps ont régné les homicides fetes , Les jeux sanglants de Mars.
Que ces bouches de feu, qui souffloient le carnage, Que ces monstres d airain se taisent pour jamcds , Ou grondent sans fureur, expiant leur ravage. Aux fêtes de la paix !
Telle après les éclats dW horrible tonnerre. Sur les restes grondants d'un nuage enflanuné, La bienfaisante Iris vient apprendre à la terre Que rOlympe est calmé.
0 rois , enfents des dieux , imitez leur clémence ! Un trâne bienfeisant est rival des autels :
Étoufiez des combats Timplacable semence ; Épargnez les mortels.
Pastemrs des nations que le ciel vous confie. Quittez ce titre auguste, ou rendez-nous heureux ; Mais lorgueil des héros toujours nous sacrifie A ses coupables vcbux.
Eh ! qui peut envier les palmes de la gloire , S'il faut, pour les cueillir, ensanglanter ses mains ? Le Titus des François préfère à la victoire Le bonheur des humains.
Son ministre fidèle et que Minerve inspire Va réparer de Mars les sinistres revers : Le moment qui rendra la paix à son empire La rend à Tunivers.
O Paix! divine Paix ! si long-temps implorée, Prends du haut de l'Olympe un favorable essor ! Et sur le fit>nt sanglant de l'Europe éplorée Fixe tes ailes d or.
Tes mains de FOcéan nous ouvrent les barrières ; Ces pins navigateurs, amis des matelots. Vont descendre à ta voix de leurs forêts altières , Et traverser les flots.