LIVRE PREMIER
Par les nœuds du commerce embrasse les deux mondes; Et des climats de ïlnde aux rives du Boetis , Guide 1109 pavillons sur les vagueis profondes De Timmense Téthys.
Tes r^prds ont calmé lorageuse Angleterre; Les peuples du soleil, eniants des vastes eaux, Ne verront plus sortir et la foudre et la guerre Des flancs de ses vaisseaux.
Aux deux m<mdes /rivaux donne un juste équilibre ; . Rends les peuples amis , et les rois citoyeps ; Rends l'univers heureux : le bonheiir d'être libre Est le premier des biens.
Eh! peux-tu ss^ïs pitié voir un or tyrannique De l'Africain .servile acheter les malheurs ? L'humanité , qu'outrage un abus politique , Te présente ses pleurs.
Des enfonts du Niger affranchis le rivage; De la nature enfin ose venger les droits : Fais que l'humanité , rompant leur esclavage , Signe aux traités des rois ^
* M. de Montesquieu, législateur de rhumanitë, dit au sujet de la traite des Nègres : « Ne viendra-t-il pas dans la tête des « princes de TEurope, qui font entre eux tant de conventions, d'en « faire une générale en faveur de la miséricorde et de la pitié? n Etprii des Lois, liv. xv, chap. i5. ( Note de V auteur. )
d6 ODES.
L'univers te rappelle, aimable fugitive ! Enchaîne la Discorde aux autels de Janus : Brise les noirs cyprès , et joins ta douce olive Aux myrtes de Vénus.
De pampres et de fleurs tu couronnes la terre ; Les bergers conduiront leurs paisibles troupeaux Oh Mars tendit ses camps , où grondoit son tonnerre , Où flottoient ses drapeaux.
Oh ! que de fils rendus à leurs mères tremblantes ! Que d'épouses en pleurs reverront leurs époux ; Et ne pâliront plus aux nouvelles sanglantes De Bellone en courroux !
Tu souris; et de Mars domptant la fière audace. Tu vois fuir les combats devant tes yeux sereins : Ta présence bannit la guerre et la menace Du cœur des souverains.
Ainsi, quand les zéphyrs , sur leur aile fleurie. Ramènent lalcyon, doux espoir des nochers, Le flot grondant s apaise, et roule sans fiirie Du sommet des rochers.