‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 54 sur 177 · ODES, LIVRE II · texte numérisé non relu

ODES, LIVRE II

ODE

Qfoîiï est un léghime orgueil; qae Tame porte en soi la consdenoe de sa Destinée; et que les périls d'une noble audace sont préférables à une sûreté vulgaire.

Accours 9 divine Polymnie!

De tous les lauriers du génie Couronne lorgueil de mes vers!

Que mon nom , fier de tes sufirages , S'envole , à travers tous les âges.

Au dernier jour de l'univers !

Il est un oi^eil légitime Qui , jaloux de ravir l'estime , Enflamme toujours un grand cœur; Et pour vaincre dans la carrière, Il faut même , dès la barrière , Sentir l'espoir d'être vainqueur.

Cet orgueil en palmes fertile , Heureux qui sait le rendre utile ; Malheureux qui l'ose étoujBer !

L'attente du triomphe même Souvent n'est que l'aveu suprême Des dieux qui nous font triompher.

Jamais dans les courses d'Élide Un athlète pâle et timide N'enleva les prix de llionneur; Mais toujours un noble courage Porte en soi-même le présage De sa gloire et de son bonheur.

Hector a défié la Grèce ; Quelle morne et sombre tristesse De ses héros glace Tessor?

Superbe Ajax 1 coeur magnanime 1 Ton sourire fier et sublime M'annonce le vainqueur d*Hector.

En vain la Tamise hautaine Croit voir aux fastes de la Seine De nos rois expirer le nom :

Orléans ! ta fière amazone Ose, sur les débris du trône.

Jurer la fîiite d'Albion.

Quoique Dodone ait su prédire ,

Mieux que tous les chênes d'Épire,

L'ame, fille de Jupiter,

De lavenir perce les ombres ;

Tel qu au fond des nuages sombres

Pénètre le brillant éclair.

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