ODES, LIVRE II
ODE
Qfoîiï est un léghime orgueil; qae Tame porte en soi la consdenoe de sa Destinée; et que les périls d'une noble audace sont préférables à une sûreté vulgaire.
Accours 9 divine Polymnie!
De tous les lauriers du génie Couronne lorgueil de mes vers!
Que mon nom , fier de tes sufirages , S'envole , à travers tous les âges.
Au dernier jour de l'univers !
Il est un oi^eil légitime Qui , jaloux de ravir l'estime , Enflamme toujours un grand cœur; Et pour vaincre dans la carrière, Il faut même , dès la barrière , Sentir l'espoir d'être vainqueur.
Cet orgueil en palmes fertile , Heureux qui sait le rendre utile ; Malheureux qui l'ose étoujBer !
L'attente du triomphe même Souvent n'est que l'aveu suprême Des dieux qui nous font triompher.
Jamais dans les courses d'Élide Un athlète pâle et timide N'enleva les prix de llionneur; Mais toujours un noble courage Porte en soi-même le présage De sa gloire et de son bonheur.
Hector a défié la Grèce ; Quelle morne et sombre tristesse De ses héros glace Tessor?
Superbe Ajax 1 coeur magnanime 1 Ton sourire fier et sublime M'annonce le vainqueur d*Hector.
En vain la Tamise hautaine Croit voir aux fastes de la Seine De nos rois expirer le nom :
Orléans ! ta fière amazone Ose, sur les débris du trône.
Jurer la fîiite d'Albion.
Quoique Dodone ait su prédire ,
Mieux que tous les chênes d'Épire,
L'ame, fille de Jupiter,
De lavenir perce les ombres ;
Tel qu au fond des nuages sombres
Pénètre le brillant éclair.