LIVRE SECOND
Qu*ayec plaisir, loin des orages.
Tu prépares ces doux ombrages, Et que tes jours y seront purs, Toi ' par qui la Seine vengée, D'un vil obstacle dégagée.
Goule avec gloire dans nos murs !
Il est donc une autre Vaucluse Vraiment digne de nos concerts ; Où, mieux que Laure, une autre muse A Pétrarque eût dicté ses vers !
Maupertuis, que les sources vives , Dans ton beau vallon fugitives, M'ofiEriroient d'aimables trésors.
S'il pouvoit en être où réside La muse froide et Tame aride Du maître qui glace tes bords ^
Que de l'arbre cher à Dodone Navarre soit toujours paré 1 Que toujours le myrte couronne Anet, à Gnide préféré !
Je te consacre à la mémoire, Noble asile, qui dus ta gloire Au charme de tes belles eaux ' !
* M. Le PeUetier de Morfontaines, alors prévôt des marchanda.
* Fontainebleau.
Viens avec tes roches hautaines, Tes bois, tes cygnes, tes fontaines , Décorer mes riches tableaux I
Toi qui m'inspires et m'appelles , Tu ne seras pas oublié , Beau lieu % si cher à nos Âpelles , Plus cher encore à l'amitié I Je ne vois plus ta roue humide Blanchir un cylindre rapide De la dépouille des guérets ; Mais garde bien le nom champêtre . Que te donna ton premier maître , Utile esclave de Gérés.
Laisse au fiiste qui se ruine Gâter la nature à grands frais ; De ta simplicité divine Conserve les touchants attraits; Ces vieux saules ridés par l'âge, Ce pont caché sous le feuillage, Ces bords aux contours ondoyants, Où la Seine, embrassant tes Ûes, Se platt sous les voûtes mobiles De tes ombrages verdoyants.
* Moulin-Joli.