‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 68 sur 177 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

Il est des palmes toujours prêtes Pour le génie audacieux.

Pareille à la poudre guerrière, Tout-à-ooup rompant la barrière Des inaccessibles remparts , Sans cesse, 6 divine Uranie !

La force active du génie Recule la borne des arts.

Blarchons sous ses nobles auspices ; Osons tenter ses précipices :

Son danger même a des appas ; Il n est point d'arts qu'il ne découvre , Il n'est point de sentiers qu'il n'ouvre Aux mortels qui suivent ses pas.

Les bois avoient conquis la terre ; Leurs monstres nous faisoient la guerre , Et le roi du monde a rampé.

Mais au caillou qui la recèle Il ravit l'heureuse étincelle Qui lui rend ce globe usurpé.

Les bois, les monstres, reculèrent; Les doux asiles s'élevèrent; La faim n'eut plus de mets sanglant; Et sous le nom de Triptolème ,

iio ODES.

Le génie inventa lui-inéme LW qui fit oublier le gland.

Son expérience fertile, Dans une herbe autrefois stérile, Surprit le germe des moissons :

Oui, Gérés est fille de llionune; Et du grain quIÊleusis renonmie Lui seul a doré nos sillons.

Il impose au coursier sauvage Le frein d un ulile esclavage ; Le bœuf fëconde ses guërets ; Et pour fendre le sein des ondes, Changés en barques vagabondes.

Les sapins quittent leurs forêts.

Son art, sur des voûtes soUdes, Traverse des fleuves rapides :

Les monts altiers sont aplanis ; Et par une route nouvelle, A travers les flancs de Gybéle, Les deux Neptunes sont unis.

G est peu de Tantique merveille Des sons qui peignent à 1 oreille L^ame invisible en notre sein :

Par lui la parole est tracée ;

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