‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 69 sur 177 · LIVRE SECOND. m · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. m

U éternise la pensée A Taide d'un mobile airain.

U lit sur le front des étoiles; Il emprisonne dans ses voiles Éole aux souffles inconstants; Llieure même, si fugitive, Vient, dans un or qui la captive, Lui révéler les pas du temps.

A son gré le marbre respire; La toile pleure ou va sourire Sous des pinceaux ingénieux.

Il chante , et ma lyre qu'il aime Soumet le temps et la mort même A son empire harmonieux.

Par une savante culture U semble inventer la nature ; U dompte l'air et les climats.

Aux yeux étonnés de Pomone L'arbre avec oi^eil se couronne De fruits qu'il ne soupçonnoit pas.

Ici , l'homme , ceint du scaphandre S Franchit, plus heureux que Léandre,

' Conélet de liège, avec lequel un homme peut trayerser les "▼lires, inventé en 1769 par M. La Chapelle,-

lia ODES.

La surface des flots mouvants :

Là , plongeant jusqu aux néréides , Même au fond des tombeaux liquides , Il imprime ses pas vivants *.

Le Batave à son industrie

Osa devoir une patrie

Conquise sur les champs amers :

Cest là qaîl fonde sa fortune y

Et dort , en dépit de Neptune y

Où nageoient les monstres des mers.

Franklin a pu dire au tonnerre :

« Gesse d'épouvanter la terre ; « Descends de FOlympe calmé ! »

Soudain la foudre obéissante A reconnu sa voix puissante , Et Jupiter fîit désarmé.

Renommée , abaisse tes ailes ; Ferme tes bouches infidèles ; Gesse tes rapports indiscrets :

Vois cette active vigilance

* Jacqaes Gook, deyena depuis si cëlébre par ses voyages, étant simple matelot en Canada, pendant le siège de Qaëbec, en I75S, sonda la profondeor da fleave SaintF-Laarent^ en face du camp françois, en y plongeant pendant Fespace de sept nuits, et publia une carte ei^pte du cours de ce fleure.

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