LIVRE SECOND. ii
Des signaux qui , dans le silence , Vont saisir au loin tes secrets *.
Quelle nuit rend mon vol timide ?
Quelle ombre jalouse et perfide M'a du jour noirci les rayons?
Traînant une vie importune , Je plaignois Faveugle infortune Des Homères et des Miltons.
O lyre ! ne sois pas ingrate !
Qu*un doux nom dans nos vers éclate y Brillant conune Fastre des deux !
Je revois sa clarté première ; Chante Fart qui rend la lumière :
Forlenze' a dévoilé mes yeux.
Que vois-je? ô'merveille suprême !
Un air plus léger que Fair même Ravit Fhomme au ciel le plus pur ; La Seine , en frémissant , admire Le cours de ce premier navire ^ Qui des airs fend le vaste azur.
' Le télégraphe, iaweaXé par M. Ghappe, en I794-
' Célèbre oculiste qui a fait à l'auteur Topération de la cataracte.
' L'aréostat , rempli de gaz ou d*air inflammable , substitué en
1785, par M. Charles, aux montgolfières, inventées en 17S3 par
BIM. Joseph et Etienne Montgolfier.
ii4 ODES.
Ah! ne viens point, raison barbare, Fière de la chute d'Icare , Glacer nos dédales françois !
Ce n est pas à toi de oonnoHre Les prodiges qui doivent naitre De ces mémorables essais l
Dût Taigle nous prêter ses ailes Pour vaincre les autans rebelles Et franchir les champs étoiles , Albion verra sur ses côtes De nos célestes Argonautes Descendre les vaisseaux ailés.
Ému d*une crainte importune , C'est déjà trahir la fortune Qu'en avoir lâchement douté :
L audace enfante les miracles ; Rien ne peut vaincre les obstacles Qu une sage témérité.
Jadis un vulgaire crédule Rêva les colonnes d'Hercule, Ces bornes du monde et des mers ; « Et moi , dit VB homme intrépide , « Au-delà du gouffre liquide « Je vous jure un autre univers.