LIVRE SECOND. ii
« Cet astre est le dieu que j'atteste ! « Il voit dans sa route céleste « Les climats prcHuis à nos vœux.
« Suivez-moi donc , troupe vaillante !
« Quelle con({uéte phis brillante !
« Je donne un monde à vos neveux.
« Plus immortels que ces Adiilles , « Fiers conquérants de quelques villes j « Votre nom ne sauroit périr !
« Amis ! que 1 on^bre d*iUes(andre « Désormais frémisse d apprendre «Qu'il fut un monde à conquérir!
« Castillans nés pour la victoire , « Si ce nest assez de la ^oire.
« Cet inestimable trésor, « Volez où les dons les plus rares « Lassent les mains les plus avares :
« PlangezF^vous aux sources de For. «
A ces mots qu'iq)plaudit Éole, Déployant la voile espagnole , S'élança des bords de Palos Ce Génois, benreux téméraire , Certain du nouvel hémisphère Qui l'attend aunldè des flots.
Emportés sur les mers profondes , La voûte du ciel et des ondes Oéja se confond à leurs yeux :
Dans ces abymes du silence Tout-à-coup une terre immense S'élève entre Fonde et les deux.
L'autre hémisphère se révèle ; O Colomb ! une autre Gybéle Court au-devant de tes vaisseaux.
Et toi, si long-temps ignorée, De tes vastes bois entourée, Amérique ! tu sors des eaux.
Que dis-tu quand tu vis éclore Du berceau vermeil de l'Aurore Ces vainqueurs des flots et des airs, Armés de foudres éclatantes , Citoyens de villes flottantes Qui sembloient nager sur les mers ?
Cependant, ô joie imprévue !
Toi-même offit>is à notre vue Tes bords , tes métaux radieux , Et ces nouveaux fils de la terre Venant rendre hommage au tonnerre Qu'ils croyoient lancé par les dieux.