SDR LE VAISSEAU LE VENGEUR
Au sommet glacé dn Rhodope y Qu'A soumit tant de fois à ses accords touchants , Par de timides sons le fils de Calliope
Ne préludoit point à ses chants.
Plein d^une audace pindarique^ Il faut que , des hauteurs du sublime Hëlicon , Le premier trait que lance un poëte lyrique
Soit une flèche d'Apollon.
L*Etna , géant incendiaire , Qui d'un firont embrasé fend la voûte des airs , Dédaigne ces volcans dont la froide colère
S'épuise en stériles éclairs.
Apeine sa fureur commence.
C'est un vaste incendie et des fleuves brûlants. Qull est beau de courroux , lorsque sa bouche inunense
Vomit leurs flots étincelauts !
Tel édate un libre génie,
Quand il lance anx tyrans les foudres de sa voix ; Telle à flots indomptés sa brûlante harmome Entraîne les sceptres des rois.
Toi , que je chante et que j'adore , Dirige , A Liberté I mon vaisseau dans son cdul^. Moins de vents orageux tourmentent le Bosphore
Que la mer terrible où je cours.
Argo, la nef à voijc hmnaine .
Qui mérita FOlympe et luit au front des deux , Quel que fut le succès de sa course lointaine,
Prit un vol moins audacieux.
Vainqueur d'Éole et des pléiades, Je sens d'un souffle heureux mon navire empbtté ; Il échappe aux écueils des trompeuses Cydades,
Et vogue à FimmortaUté.
Mais des flots fut-il la victime , Ainsi que le Vengeur il est beau de périr; Il est beau, quand le sort vous plonge dans Fabyme,
De paraître le conquérir.
Trahi par le sort infidèle, Comme un Uon pressé de nombreux léopards, Seul au milieu de tous , sa fureur étincelle ;
Il les combat de toutes parts.