‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 75 sur 177 · SDR LE VAISSEAU LE VENGEUR · texte numérisé non relu

SDR LE VAISSEAU LE VENGEUR

Au sommet glacé dn Rhodope y Qu'A soumit tant de fois à ses accords touchants , Par de timides sons le fils de Calliope

Ne préludoit point à ses chants.

Plein d^une audace pindarique^ Il faut que , des hauteurs du sublime Hëlicon , Le premier trait que lance un poëte lyrique

Soit une flèche d'Apollon.

L*Etna , géant incendiaire , Qui d'un firont embrasé fend la voûte des airs , Dédaigne ces volcans dont la froide colère

S'épuise en stériles éclairs.

Apeine sa fureur commence.

C'est un vaste incendie et des fleuves brûlants. Qull est beau de courroux , lorsque sa bouche inunense

Vomit leurs flots étincelauts !

Tel édate un libre génie,

Quand il lance anx tyrans les foudres de sa voix ; Telle à flots indomptés sa brûlante harmome Entraîne les sceptres des rois.

Toi , que je chante et que j'adore , Dirige , A Liberté I mon vaisseau dans son cdul^. Moins de vents orageux tourmentent le Bosphore

Que la mer terrible où je cours.

Argo, la nef à voijc hmnaine .

Qui mérita FOlympe et luit au front des deux , Quel que fut le succès de sa course lointaine,

Prit un vol moins audacieux.

Vainqueur d'Éole et des pléiades, Je sens d'un souffle heureux mon navire empbtté ; Il échappe aux écueils des trompeuses Cydades,

Et vogue à FimmortaUté.

Mais des flots fut-il la victime , Ainsi que le Vengeur il est beau de périr; Il est beau, quand le sort vous plonge dans Fabyme,

De paraître le conquérir.

Trahi par le sort infidèle, Comme un Uon pressé de nombreux léopards, Seul au milieu de tous , sa fureur étincelle ;

Il les combat de toutes parts.

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