LIVRE SECOND. laS
Tu semblés de mes destinées Réunir à-la-fbis et partager le com^ :
Là oouloient mes jeunes années; Ici coulent mes derniers jours.
Que mon œil aime à reconnoltre La rive où se cachoit mon timide berceau ! Mon ame, qui semble y renaître, De plus loin brave le tombeau.
Banimés par d^heureux prestiges , D'un palais abattu les marbres , les jardins ' Se relèvent, fiers des vestiges Qu ont laissés mes pas enfantins.
Les voilà ces jeunes dryades Qui jadis m'ombrageoient de leurs rameaux épars! Ce jet lancé par les naïades Bafraicbit encor mes regards !
Parmi des fleurs toujours édoses , Errant dans les détours de ces dédales verts , Mon souvenir cueille des roses , Et peuple ces bosquets déserts.
Que Faurore m'y paroit belle !
' L'hôtel de Conti où l'auteur est ne. Cet hôtel est devenu depuis l'hôtel de la Monnoié.
i:i6 ODES.
Un nouveau jour me luit, plus riant et plus pur ;
Et tout 1 or dont il étinceUe
M'enrichit le céleste aaur.
J*y vais épier le phosphore De l'astre des buissons dans leur sein dérohé * ; Je m'y plais à nourrû* encore L'amant des feuilles de Thisbé *.
Je te revois , treille chérie , Berceau mystérieux dans les airs suspendu , Où , par la naïve Égérie y Mon premier baiser fut rendu 1
Voisin des Ueux de ma naissance , Gymnase au vaste dôme^, après soixante hivers Tes murs racontent mon en&nce A mes yeux dès qu'ils sont ouverts.
De ton airain la voix fidèle Frappe des mêmes sons mon oreille et les airs ; Douze lustres comptés par elle Rendent mes souvenirs plus diers.
Là y fuyant l'oisive paresse,
' Le yer luisant.
* Le ver à soie.
^ Collège des Quatre-NaCions , où routeur a fait ses éludes.