‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 78 sur 177 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

Le travail vint m apprendre à goûter le plaisir; Et des jei» la riante ivresse Égayoit mon heureux loisir.

Là, dans sa vitesse immobile, Le buis sembloif dormir, agité par mon bras ; Là je triplois le cercle agile Du chanvre envole sous mes pas.

Là , frêle émule de Dédale , Un liége, sous mes coups , se plut à voltiger ; Là , dans une course rivale , J'étois Achille au pied léger.

Là j^élevois juscp'à la nue Ce long £smt6me ailé , qu'un fil dirige encor A travers la route inconnue Qu Éok ouvre à son vague essor.

Là ces colonnes, ces portiques, M ont vu , la fronde en main , Baléare nouveau , Au-des&us de leurs fronts antiques , Atteindre le rapide oiseau.

Là souvent une jeune audace , Quand Imstinct bellk)ueu3( vint enflammer nos sens , Préhidoit aux jeux de la Thrnce Par mille comhats innocents.

Là ma jeunesse indépendante Puisa tes premiers feux, céleste Liberté!

Rome, Athëne, à mon ame ardente,

Prétoient leurs arts et leur fierté.

Qu'aux premiers accents de la gloire Il palpita ce cœur, impatient du prix!

Comme des nymphes de Mémoire Il devint pour jamais épris !

Geint de triomphantes guirlandes , Je crus franchir le Pinde et ses bords immœtels ; De mes poétiques offrandes , Muses y je parai vos autels.

Mon laurier conquit une amante ; Vainqueur, mon jeune front plut aux yeux de Myrte : Oh! combien la gloire est charmante Quand elle enflamme la beauté !

Ce premier sentiment de Famé Laisse im long souvenir que rien ne peut user; Et c'est dans la première flamme Qu'est tout le nectar du baiser.

Age aimant, âge d'innocence , Age où le cœur jamais n a de repUs obscurs; Ta pudeur feint peu la décence ; Tes goûts sont vrais ; tes feux sont purs !

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