‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 79 sur 177 · CHANT D'UN PHILANTHROPE · texte numérisé non relu

CHANT D'UN PHILANTHROPE

PENDANT LES HOlREUaS DE l'aNARCHIE.

Prends les ailes de la colombe , Prends, disois-je à mon ame , et fuis dans les déserts ; Ou que l'asile de la tombe Nous sépare enfin des pervers !

Une rose, vierge de Flore, Un Us, beau d'innocence et brillant de candeur, Des vents du sud qui les dévore Aiment-ils l'insolente ardeur?

Eh! que feroit l'agneau pabible Parmi des loups cruels , des tigres dévorants ? Quel bras, quelle égide invisible Peut nous défendre des tyrans ?

i3o ODES.

De ces cœurs soupçonnaix , avares , Redoutons les foreurs et même les bieubits.

S'ils vouloient nous rendre barbares »

Nous associer aux forfiûts ;

Si de la noble indépendance , Au lieu de la venger, ils outrageoient les droits; Si la bassesse et Fimpudence Succédoient à Torgueil des rois;

S'ils ensanglantoient notre histoire De meurtres clandestins, sans périls, sans combats, Et qui font rougir la victoire , Amante de nos fiers soldats ;

Si de la liste de leurs crimes Ils efifrayoient nos murs et souilloient nos regards; S'ils tratnoient parmi leurs victimes La vertu, l'honneur, et les arts;

S'ils mettoient un lâche courage A détruire en nos cœurs la sainte humanité; S^ils joignoient dans leur folle rage La mort et la fraternité;

Si leur cupidité féroce S'enrichissoit de pleurs, changeoit le sang en or,

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