CHANT D'UN PHILANTHROPE
PENDANT LES HOlREUaS DE l'aNARCHIE.
Prends les ailes de la colombe , Prends, disois-je à mon ame , et fuis dans les déserts ; Ou que l'asile de la tombe Nous sépare enfin des pervers !
Une rose, vierge de Flore, Un Us, beau d'innocence et brillant de candeur, Des vents du sud qui les dévore Aiment-ils l'insolente ardeur?
Eh! que feroit l'agneau pabible Parmi des loups cruels , des tigres dévorants ? Quel bras, quelle égide invisible Peut nous défendre des tyrans ?
i3o ODES.
De ces cœurs soupçonnaix , avares , Redoutons les foreurs et même les bieubits.
S'ils vouloient nous rendre barbares »
Nous associer aux forfiûts ;
Si de la noble indépendance , Au lieu de la venger, ils outrageoient les droits; Si la bassesse et Fimpudence Succédoient à Torgueil des rois;
S'ils ensanglantoient notre histoire De meurtres clandestins, sans périls, sans combats, Et qui font rougir la victoire , Amante de nos fiers soldats ;
Si de la liste de leurs crimes Ils efifrayoient nos murs et souilloient nos regards; S'ils tratnoient parmi leurs victimes La vertu, l'honneur, et les arts;
S'ils mettoient un lâche courage A détruire en nos cœurs la sainte humanité; S^ils joignoient dans leur folle rage La mort et la fraternité;
Si leur cupidité féroce S'enrichissoit de pleurs, changeoit le sang en or,