POESIE POSTHUME
Les femmes, je le sais, ne doivent pas écrire;
J'écris pourtant, Afin que dans mon cœur au loin tu puisses lire,
Comme en partant.
Je ne tracerai rien qui ne soit dans toi-même
Beaucoup plus beau; Mais le mot cent fois dit, venant de ce qu'on aime,
Semble nouveau.
Qu'il te porte au bonheur! Moi, je reste à l'attendre :
Bien que, là-bas1, Je sens que je m'en vais, pour voir et pour entendre
Errer tes pas.
Ne te détourne point s'il passe une hirondelle
Par le chemin; Car je crois que c'est moi qui passerai, fidèle,
Toucher ta main.
Tu t'en vas, tout s'en va ! tout se met en voyage,
Lumière et fleurs; Le bel été te suit, me laissant à l'orage,
Lourde de pleurs.