SCÈNE XVI
LES PRISCÉDENS, LÉONCE.
LliONCB.
Je pourrai donc lui parler !
GERMAIN
Non. En ce moment il est occupé à terminer un acte important qui vous concerne, et en attendant je suis charge de vous faire connaître ses intentions ; daigne^ donc m'écouter, et ne le troublons pas.
ij£ovcE.
Je respecterai toujours ses ordres • xuelaue ri-
OPÉRA-COMIQUE. agS
goureux qu'ils puissent me paraître. Parle dooc , Germain ? II ne me regarde seulement pas P
DORHEUn., à part
Oh ! je t'ai bien tu !
GEKMAIN.
D'abord, il donne une ferme considérable à votre père , dans la Hollande , et tous irez li tous les deux...
LÉONCE
Si loin ! il ne veut donc plus que je Tienne le Toir?
Il n'a pas dit cela pre'cisémenL LÉONCX.
S'il n'y aTait du moins que quelques lieues. . . Toutes les semaines , tous les jours je Tiendrais.
DORHEITIL , à part.
Tous les jours il Tiendrait !
bERHAIN.
Il aime mieux , je crois , renoncer tout-à-fait.
DORMEDIL, ipart.
Trop dur; Germain, adoucis; «doacîs. . .
GERMAIN
Au reste , je puis me tromper,
LÉOHŒ, Oui . Germain , sois bien sûr qu'il ne pourra pas être long-temps sans rcToir son fils.
OORMEUIL, à pan.
n a raison!
GERHAIH, Mais votre mariage se fera toujours.
LÉONCE
Et il ne sera pas témoin du bonheur dont il me fera jouir?
TbH. 11. ig
GERMAIN
Ecoutez donc , à présent qu*il ne peut plus avoir
pour vous la même affection... ( Dormeuil te tire par
•on habit.)
LEONCE.
Ah! Germain, vous lui faites injure! et dans toute sa conduite , dans sa rigueur même , j*y trouve la preuve de la plus tendre amitié.
DORMEUIL frappe sur la table , dans un premier mouTeitieut de
joie quMl n*a pu retenir.
Très bien !
GERMAIN , feignant qu*on rappelle.
Qu'est-ce que c'est?... Monsieur, pardon; c'est que je croyais que vous me parliez,
DORMEUIL, Non. ( A part. ) J^ai pense me trahir. ( Bas à Germain.)
Mon portrait... Redemande-le lui...
GERMAIN
Monsieur Dormeuil m'a encore chargé de vous redemander son portrait.
LÉONCE
Quoi ! il a pu ?
. Oui , il l'exige.