‹ Œuvres choisies de MassillonChapitre 11 sur 74 · Génie du christianisme, 3* partie, liv. IV, ch. m · texte numérisé non relu

Génie du christianisme, 3* partie, liv. IV, ch. m

trouvé qu'il faut dans l'oraison funèbre plus de mouvement et moins de philosophie , plus de morale évangélique et moins de petitesse dans les détails.

Massillon prononça, en 1723, dans la basilique de Saint- Denis, une dernière oraison funèbre, celle de Madame, mère du régent. Cest un éloge beaucoup trop embelli et idéalisé, qui ressemble assez peu au portrait que les contemporains nous ont tracé de cette rude et bi/arre Allemande, et à Tidée qu'elle nous donne elle-même de sa personne et de son caractère dans ses singuliers mais curieux Mémoires, L'évêque de Clermont nous la représente, entre autres traits, comme « la princesse la plus majestueuse que la France ait vue, » en même temps qu'il nous la montre avec « la simplicité des premières mœurs, » qui, à ses yeux, « avait plus de dignité et de véritable élévation que tout le faste de nos usages.* » Flatteries commandées parle genre, et qui ne sauraient le moins du monde autoriser à mettre le sincère et hardi Massillon au nombre de ceux pour qui Toraison funèbre ne fut que Tart d'arranger de beaux mensonges.

Très-peu de personnes lisent, très-peu de personnes même connaissent les oraisons funèbres de Massillon.* Elles ne manquent pas de valeur, mais c'est une valeur très-secondaire. Massillon, de beaucoup supérieur à Fléchier dans le sermon, est loin de l'avoir égalé dans l'art de célébrer le mérite et la gloire des illustres morts de son siècle. Ajoutons qu'on le trouve encore plus médiocre dans les dix panég^Tiques de sainls, premières productions de sa jeunesse, qui nous ont été conservés : panégyriques de sainte Agnès, de saint François de Paule, de saint Benoît, de saint Jean-Baptiste, de sainte Madeleine, de saint Bernard, de saint Louis, de saint Etienne, de saint Thomas d'Aquin ; enfin un sermon pour la fête d'un saint

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