‹ Œuvres choisies de MassillonChapitre 18 sur 74 · h\teai'briakd. Mémoires d'outre^tombe · texte numérisé non relu

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SUR MÂSSILLON. 49

■ eiciiBe leora chagrins bizaires et leurs caprices ; qu*il leur soit plus permis

■ d*ètte llcheax, inquiets, inabordables, parce quMls sont plus heureux;

* qu'ils regardent comme un droit acquis à la prospérité d*accabler encore

• du poids de leur humeur des malheureux qui gémissent déjà sous le Joug « de leur autorité et de leur puissance ! Grand Dieu 1 seroit-ce donc là le « privilège des grands? »

■ Souvenez-vous ensuite de ce morceau de Britannicus :

Tout ce qae vous voyei conapire à vos déain;

Vos joan, toqjoim sereins, coulent dans les plaisirs :

L'empire en est pour tous l'inépuisable source ;

Ou , si quelque chagrin en interrompt la course ,

Tout l'uniTers , soigneux de les entretenir.

S'empresse à l'efiacer de votre souvenir.

Britannicus est seul : quelque ennui qui le presse,

Il ne voit dans son sort que moi qui s'intéresse,

Bt n'a pour tous plaisirs , seigneur, que quelques pleurs

Qui lui fuot quelquefois oublier ses malheurs.

(Acte II, se. ui.)

« Je crois voir dans la comparaison de ces deux morceaux le disciple qui tâche de lutter contre le maître. Je vous en montrerais vingt exemples, si Je De craignais d*étre long.

« Mas^iillon et Cheminais savaient Racine par cœur, et déguisaient les vers de ce divin poète dans leur prose pieuse.* »

Hassillon avait beaucoup imité nos poètes tragiques, et GorDeille comme Racine. On rencontre dans tous ses ouvrages des imitations de l'auteur du Cid et de celui d'Alkalie.* Mais Racine devait naturellement être son auteur de prédilection.

L*orateur chrétien ne le cède pas au poëte dans l'art d*exprimer le sentiment; il est presque son égal pour Tharmonie, bien qu'il ait le tort de trop la rechercher aux dépens de la précision et de la force, bien que trop souvent, pour donner plus de cadence à ses phrases, et pour les rendre plus nombreuses, il les charge de mots oisifs, qui ne font qu'étendre la diction , sans rien ajouter au sens. Mais nous ne voudrions pas, comme M. de Bonald, mettre sur la môme ligne Racine et Massillon , et les appeler u les deux grands maîtres de notre

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