Petit Carême, Sermon pour le vendredi saint, 2*^ partie
SUK MASSILLON. 54
Cette autre , du môme discours , présente un bien mauvais remplissage :
« Son respect pour la religion de ses pères imposa to^]ours devant lui un sHiHCê étemel à Timpiété. > »
• On rencontre, chez Massillon, des négligences non-seulement dans les expressions et dans les tours, mais môme dans la mélodie si habituellement enchanteresse de son style. On est tout étonné quand on tombe sur des phrases comme celleci :
« Quel bonheur quand on commence de bonne heure à connaître le Seigneur ! Quel bonheur quand on a pu mettre de bonne heure un frein à son cœur!* »
Petites taches qu'on ne remarquerait pas sur une médiocre peinture, mais qui ressortent dans un excellent tableau ; notes discordantes qui choquent l'oreille dans un concert de la plus pure harmonie.
Les fautes de goût ne se rencontrent guère, chez ce disciple attentif des anciens, que dans les ouvrages de sa jeunesse^ qui en offrent un certain nombre; comme dans ce passage d'un panégyrique :
« Un étang d^eau glacée, où il se Jette, punit à Pinstant sa foibicsse ; il éteint dans un nouveau bain de la pénitence les traits enflammés de Satan ; el, comme un autre Jonas, U calme, en se jetant dans les eaux, la tempête naissante 911e son infidélité avoit excitée dans son cœur!^ »
Quelquefois aussi Massillon pèche contre la sévérité du goût par la recherche de la couleur et par l'emploi de métaphores qui seraient hardies même en poésie , comme quand il dit :
■ On a honte des louanges qu*on leur a données; c*est un langage suranné et insipide qu'on n*oseroit plus parler : on en voit presque rougir
1. PetU Carême, Sermon pour le vendredi saint, 2' partie. 3. Sermon pour le mercredi de la semaine de la Passion, Sur les dégoûts qui accompagnent la piété en cette vie.