‹ Œuvres choisies de MassillonChapitre 6 sur 74 · Panégyrique de saint Bernard, 2' partie · texte numérisé non relu

Panégyrique de saint Bernard, 2' partie

2, Sermon pour le mercredi de la deuxième semaine de Carême, Sur la vocation, 2' partie.

SUK Al A S SILLON. |3

charmes lors même que les vices et les dissolutioos du flatteur eu sfloiblisaeat rautorité et la rendent suspecte, quelle séduction ne forme-t-elle point lorsqu'elle estconsacrée par les apparences de la vertu ! Quel avilissement pour nous, si nous faisons du ministère même de la vérité un ministère d*adulation et de mensonge; si,dan8 ces chaires même destinées à instruire et à corriger les gnmds, nous leur donnons de fausses louanges qui achèvent de les séduire ; si le seul canal par où la vérité peut encore aller jusqu'à eux n*y porte qu'une lueur trompeuse qui leur aide à se méconnoltre ; si nous empruntons le langage flatteur et rampant des cours , en venant leur annoncer la puole généreuse et sublime du Seigneur; et si, loin d'être ici les maîtres et les docteurs des rois, nous ne sommes que les vils esclaves de la vanité et de la fortune! Mais quel malheur pour les grands de trouver d*indignes apologistes de leurs vices parmi ceux qui en auroient dû être les censeurs, d'entendre autour de leur tr6ne les ministres et les interprètes de la religion parler comme le courtisan, et de trouver des adulateurs où ils auroient dû trouver des Ambroises!^ «

Dans son beau discours Sur le jugement universel, il parle ainsi des mauvais prêtres paraissant devant le tribunal de Dieu :

« Oserois-je le dire ici, et révéler la honte de mes frères? Vous étiez peutêtre dispensateur des choses saintes, élevé en honneur dans le temple de Dieu; le dépôt de la foi, de la doctrine, de la piété, vous étoit confié ; vous paroissiez tous les jours dans le sanctuaire, revêtu des marques redoutables de votre dignité, oflfrant des dons purs et des sacrifices sans tache ; on vous confloit le secret des consciences; vous souteniez le foible dans la foi, vous parliez de la sagesse parmi les parfaits; et, sous ce que la religion a de plus auguste et de plus saint , vous cachiez peut-être ce que la terre a de plus exécrable; vous étiez un imposteur, un homme de péché assis dans le temple de Dieu ; vous enseigniez les autres , et vous ne vous enseigniez pas vous-même; vous inspiriez de Thorreur pour les idoles, et vous ne comptiez vos jours que par des sacrilèges. Ah ! le mystère d'iniquité sera donc révélé, et on vous connoltra enfin pour ce que vous aviez toujours été, l'anathèmc du ciel et la honte de la terre : Et videbunt omnem lurpitudinem tuam. > »

Comme l'on sent Thomme vertueux en même temps que le grand orateur dans ce pathétique exposé des hontes de Tordre saint auquel il appartient!

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