‹ Œuvres choisies de P. ArétinChapitre 112 sur 218 · ACTE I, SCÈNE XXÏÏ · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE XXÏÏ

heures devant le miroir à boucler ses cheveux et à oindre sa tête antique ; et qui, avec le parler toscan, et avec des citations de Pétrarque •*, avec un oui, ma foi, avec un je jure à DieUy avec un je vous baise les mains, sMmagine être le toium continens.

MACO . Gomment' niédit-on ?

AKDRÉ. Eu disant la vérité, en disant la vérilé.

MACO. Gomment fait-on pour être ingrat ?

ANDRÉ. En feignant de n'avoir jamais vu les gens qui vous <»nt rendu service.

MACO. Ane, comment le devient-on ?

ANDRÉ. Interrogez là-dessus jusqu'aux escaliers de palais. Maintenant ceci suffit quant à la première leçon.. Dans la seconde, nous traiterons du Culisée **.

MACO. Attendez. Le C«/isee, qu'est-ce donc ?

ANDRÉ. Le trésor et la consolation de Home.

MACO. De quelle manière?

ANDRÉ. Je vous le dirai demain ; puis, nous viendrons à maître Pasquin •'.

MACO. Qui est ce maitre Pasquin ?

ANDRÉ. Un gaillard qui se moque des seigneurs et monsi^ ^nort •*.

MACO. Quel métier fait-il ?

ANDRÉ. Il travaille à tourner de la poésie.

MACO. Moi aussi, je suis poëte^, en latin et en langue vul« gaîre ; et je sais une belle épigramme à ma louange.

ANDRÉ. Qui l'a faite?

MACO. Un homme de bien.

ANDRÉ. Qui est cet homme de bien ?

MACO. G'est moi-même.

ANDRÉ. Ah ! aih ! dites donc, que je la veux entendre.

MACO. Hatic tua, Pénélope, musam meditaris avènam. Nil miM rescribas, nimiûm ne crede colori'.

Cornua c^m lunœ recubans sub iegmine fagi.

JHiyrey tu paiulœ lento tibi mitlit Ulysses *^

AKDRÉ. A l'aide ! au voleur •' !

MACO. Pourquoi criez-vous ainsi au secours " ?

ANDRÉ. Parce qu'un fou héroïque vous les a volés.

MACO. Qui est ce fou loïque ••?

ANDRÉ. Un homme capable de défier aux canonnades son maître d'hôtel. Poursuivez donc.

MACo. Arma virumque cano, vaecinia nigra leguniur. Ilaliam fato , numerum sine viribus uxor, Omnia vincit amor^ nobis ut earmina dicunl, Sylvesirem ienui, el nos eedamus amuri,

A>'DRÉ. On veut qu'il imprime ces vers avec un titre, à la façon de Bologne ; et j'écrirai la vie de l'auteur, qui est bon plaisant.

MACO. A go vobis gratta.

ANDRÉ. Maintenant là-haut, à la maison, que tout s'arrange. Mais où est le valet?

MACo. Le Siennois est un vaurien, et Grillo un homme de bien ; or, je veux Grillo et non le Siennois. Entrez.

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