‹ Œuvres choisies de P. ArétinChapitre 122 sur 218 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

ROSSO, ALVIGIA.

R08S0. OÙ vas-tu , toi, avec tant de hàle?

ALYiGiÂ. Çà et là, et bien troublée.

Rosso. Oh ! troublée , une femme qui gouverne Rome?

ALviGiA. Non pas moi, mais ma maîtresse...

ROSSO. Qu'a ta maîtresse?

ALVIGIA. On la brûle.

ROSSO. Comment, diable! on la brûle?

ALVIGIA. Hélas! l'infortunée!...

ROSSO. Qu'a-t-elle fait ?

ALVIGIA. Rien.

ROSSO. On brûle donc les personnes pour rien?

ALVIGIA. Un petit peu de poison qu'elle donna à un pour complaire à sa maîtresse ** est cause que Home perd celte précieuse vieille.

ROSSO. On ne sait point prendre les plaisanteries.

ALVIGIA. Elle flt jeter à la rivière une petite putain dont était accouchée une dame de ses amies, comme c'est l'usage.

ROSSO. Fables!

ALVIGIA. Elle fit casser le cou à un maudit jaloux avec certaines fèves semées dans l'escalier.

Rosso. Je ne te donnerais pas une pistache pour de semblables espiègleries.

ALVIGIA. Parce que tu es un homme droit... Ainsi elle me laisse héritière de tout ce qu'elle possède.

Rosso. Cela me fait plaisir... Mais que te laisse-l-elle, si cela peut se dire ?

ALVIGIA. Des alambics pour distiller des herbes cueillies aux rayons de la nouvelle lune, des eaux pour enlever les taches de rousseur, des onguents pour nettoyer les taches du visage, une fiole de larmes d'amants, une huile pour ressusciter... Je ne veux pas dire quoi.

ROSSO. Dis-le, folle.

ALVIGIA. L'àme *"'...

ROSSO. Quelle àme?

ALVIGIA. De la... Tu m'entends?

ROSSO. De la braguette ?

.4L VICIA. Oui.

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