MADAME PAPA , DAME DRUDA
PAPA. Allez vous confesser après ça! Allez, diteorles tous vos péchés! Si ce n'en était pas un, et s'il i^'y avait pas de chi timent à craindre, j'en dirais de belles (je peux vous ravèuer) contre ce confesseur maudit , qui m'a chargé les épaules d fardeau d'une pénitence que ne porterait pas (Pipu me Ip p?jr^ —
donne!) une bourrique Et pourquoi maintenant? pour'^^^^
avoir, moi qui suis mère , aqssitôt que j^appris se$
façons de vivre, appliqué deux soufiQets sur je visf^ge çte 1^9
imbécille et ridicule gendre " !
DRUDA. Cette femme, qui se parle à elle-mê|a[)e , meiparaifl être la Papa.
PAPA. Les moines, ah ! les moines, hein !
DRUDA. Oui, c'est bien elle.
PAPA. Vive le pape, qui ne veut plus qu'ils confessent les femmes à Venise !
DRUDA. Quelle vieille !
PAPA. Je me moque bien qu'il ait soin que rien ne manque ù la toilette de sa femme ! un souper de mille et mille mets , sans pain, ne fait guère plus de profit qu'une infinité d'ajustements à celle qui est mal traitée au lit !
DRUDA. Ma douce compagne...
PAPA. Oui, maintenant, et pour toujours.
I ACTE I, dCÈKE VI. 1
^h DRUDA. Quelles rËveries sont les Litiunes ?
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.. Comme je m'en allais, disant mon chapelet dans la i^parcequee'eBt aillant défait, je me suis courroucée en insant à la pénitence (jue m'a donnée un écrénieur de pot au pour n'avoir pu souffrir de voir la ïessa périr de froid is ses draps, où son mari la néglige".
luDAi Si chaque bouchée que mangent les excommuniés tue Tàme^ nous sommes fraîches!
piPA. Et je m'Êcliinerais A faire cette pénitence ! Qu'on n'y compte pas I
DBDDA. Mon âme, ma tnanche, dis-je, moi, quand les jialôtres sont pendues A mon côté.
NPA. A eux, qui ne sont, la plupart, que cages b engraisser lancelés et valises il porter soupes, on devrait leur impo- Mr pour pénitence d'aller non pris seulement â Sainl-Jacques de Galice, mais à Jénisalem I
DHtTDA. Les amis songent à se donner du bon lemps d'une autre Ikçon !
PAi'A. Maintenant revenons à dire que l'usage de bien traiter les femmes est perdu... Ab! toutâ fait; il s'en est allé A vaiil'eaU, et tu le sais.
DRUDA. Moi, je ne me sens poiniencore, malgré ma vieillesse, arrivée à ce point, que je puisse me dire tombée en enfance... Jeme rappelle qu'ils avaient jadla du sens dans la caboche, les hommes, avant de se décider au mariage; tellemeut que, eu vivanl avec leurs jeunes femmes , ils n'étaient pas seulement (murtlles des maris et des gardiens, mais des tuteurs et des gouverneurs. Maintenant, on n'entend point dire que les homà moins que m soient des évenlés, des libertins et des coupe-jarrets ; ou, si quelques-uns le font dans ', ce sont des cervelles extraTaganles et des tètes creuses, qui perdent leurs forces sur ces vieux livres pleins des folies qu'étudie (on hibou de gendre I PAPA. Oh ! que c'est bien dit I
u point, Paiia, des royales fjiçons ■ompareB il l'i'uv (\\H W\V
saiMtf]
f'pmriios rin'ils [irenuPDL plus de jeûnes qiril ne le lit fnire de fêles en le prenaat, lui?
PAPA. Je suis toute prête à le mnudire, bien i|u'il ne soîl plus que poudre au eiinetièrel.,,
DRUDÂ. Modére-toi.
PAPA. Ses cacades, ses niaiseries de rancien temps m'ont attrapée : elles ont été vraiment les enlremetteuges qui ont Tait marier ma rttJe A celui avec (gui je la mariai; car, pour ma part, je voulais la laisser vivre auprès de moi , innocente comme le jour de sa naissance, sinon la planter dans un monastère, oii du moins les prêtres, dont on court le risque, tiennent les nounains pour des déesses.
onuDA. k mon avis, Lucifer devrait engloutir les a sinsqul font le métier matrimonial... Avec leurs aem d'ermiles, ils mettent dans le ciel loul misérable qui cherdie femme ; et, se faisant peu scrupule de jurer qu'il possùde les vertus qu'il n'eut jamais, ils forcent â croire qu'il ne joue point, qu'il ue hante point les taternes, qu'il n'est ni blasphémateur ni prodigue ; qu'il est charilable, dévol, humble comme l'herbe coupée ; que de la boue il fait de l'or; qu'il est sain comme un poisson ; qu'il mettrait en fête un mort, qu'il donne du voui à tout le monde..., et plus encore. '^^
PAPA. Charlatans ! ^^Ê
DKUDA. Après une semaine, ou deux, de plaisir, la nouv^^H mariée le voit jouer jusqu'Hi ses braies ; elle l'entend s'attaquer aucalendrier même'" jivrogne, dissipateur, ne croyant à rien, extravagant tout de bon, et ayant le mal français", de la belle manière.
PAPA. Que t'en semble?
cnuDA. ie devrais opposer cette histoire è ces conles de légende qu'ils débilentau raépriades femmes, savoir : qu'aussitôt qu'elles ont vu une mode nouvelle sur le dos de leurs voisines, elles ne parlent plus & leurs maris, ne lui disent plus un mot, jusqu'il ce qu'elles se soient fuit comprendre; je devrais, dis-je, crier sur les toits, que ces loups enragés A ' (ment d'être jaloux, jusqu'à ce qup (plilt A Dieu (|u'el)at