‹ Œuvres choisies de P. ArétinChapitre 17 sur 218 · ACTE 1, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCENE VI

,DUA. fuis, si pourtant ils couchent avec leur compagne, ils lui disent : • Meb-toi de uôlé, ne rae touche pas ! J'ai autre

■ chose en tête , ne me tracasse pas A qui esl-ce que je

• parle?... Ke m'excite pas, non! >

PAPA. Crosftnes!

DHUDA. Il fut un temps où, pour la inoiiulre douleiu* que causait aux Temmes le mul de (èle, les maris, s'ils l'apprenaient, fuEsent-ils à ta campagne oii A l'armée, parlaient tout seuls, trottaient, couraient, volaient pour s'en venir auprès d'elles ; arrivés à la maison, l'escalier leur paraissait avoir mille lieues, et, sans reprendre baleine, ils s'élan^ient dans la chambre les liras ouverts ; puis, étreignaot leur femme, lui redonnaient goût a la santé avec des baisers emmiellée.

tAPA. Qu'ils soient bénis oeux-lâ !

DRVUA. Qu'elles aillent au diable, cl tombent malades maintenant ! Car ou ne peut faire aux maris une plus grande joie que de leur dire i • Voire femme ne peut en revenir, pour- • voyez-vous de cierges... • El, pendant qu'elles tardeutâ mourir, et qu'eux eti lorgtietit uue autre, Ha laissent mourir qui veut...

PAPA. Scribes des pontifes" !

nnUDA. Et, s'il arrive qu'ils ailleDt les voir; en approchant d'elles, au lieu de les consoler, ils crient : • Teins tes cheveux > blonds", emplâtre-toi à ton aise ; allons, mange des fruits; « serre-toi davantage la taille!... <• Ce qui mettrait â mal nunaeulemenl une femme en si piteux élai, mais une reine des Amazones".

PAPA. Piùt à Dieu que je pusse donner aux maris une autre maladie que les oreillons I j'en détruirais larace pour toujours!

DRtiuA. On ne nie point qu'ils ne cbangeut quelquefois de manières'^, et feignent de consoler leurs femmes avecde petites paroles apprêtées; ils le font, oui..., mais sais-tu pourquoi?

PAPA. Non vraiment.

nnuDA. Pour leurfiiirc faire uu lestaiiicul.

. Mécréants " de Rliodea!

L'pRMiA. Les fiiurbcs, prenant la Miiiui de [& iwmv\iuw^«. ^'unï

la leur, avec un sourire perfide, lui demandent en grâce cette donation qu'elle consent à faire : < Non que je redoute Viasu»

< de la maladie, disent-ils, mais je vous la demande comna* « un témoignage du bien que vous me voulez , et de Vesûm € que vous avez pour moi , ô vous, qu'une fois guérie je veux

< adorer...» DèsquMls ont tout obtenu, ils ne la revoient plus jamais, ni morte, ni vive.

PAPA. Pharisiens de prêtres !

DRUDA. Quel souci croit-on qu'ils aient de leurs grossesses?

PAPA. Ce sont des Judas Iscariotes et des Pilâtes !

DRUDA. Us ne leur donneraient pas, pour les contenter, uoe cerise, une fraise, une prune, une figue, un concombre, une sorbe, une gousse d'ail !

PAPA. Monstres!

DRUDA. Et quand ces brigands prétendent, si les infortunées succombent, que c'est d'être tombées à bas de l'escalier, et non pour y avoir été jetées par eux à coups de bâton 1...

PAPA. Nérpns !

DRUDA. J'en connais dix qui ont été siu* le point d'être crucifiées par leurs maris, pour avoir fait une fille !

PAPA. Caïns!...

DRUDA. Oh ! dira quelqu'un , le duc d'Urbin vraiment a donné de grandes fêtes à la naissance d'une fille...^— rOui, messire..., toute fleur ne fait point fruit..., et puis, où trouvet-on un autre seigneur ainsi fait ?

PAPA. Qu'il vive donc m seculorum dxisecula^ !

DRUDA. Combien y en a-t-il qui, pour avoir, par la faute de leur mari, engagé chez le juif jusqu'à leur chemise, n'entendent jamais ni messe, ni matines !

PAPA. Maures !...

DRUDA. Se plaigne qui voudra, en voyant son mari lui sauter aux cheveux, la renverser à terre comme une chienne, et, lui mettant les pieds sur le ventre, lui faire sortir les boyaux à coups de talons !... Et, plus il y court de voisins, plus le mari se complaît dans sa férocité, (fui \v porte à en finir !

PAPA. Croche teu PS !

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