XVIII VIE II*ARÉTIN
« Tempereur, que de me Irouver sans cette cohue. Je sois afrc( sailli de gens de guerre, de prêtres et de moines. Chacun vieat i< me raconter les sujets de plainte quMl s'imagine avoir. Je suis « devenu Toracle de la vérité, et vous avez raison de m*appeler « le secrétaire du monde*. »
Quoiqu'il y ait bien à rabattre de ces fanfaronnades, il est constant que les étrangers qui venaient à Venise ne manquaient guère de visiter Arétin : il se plaint de leur importunité dans plusieurs endroits. « Je suis las d'incommodes , écrit-il à son « libraire : accablé de fatigues et d'ennui, j'ai résolu de me ré- « fugier chez vous, ou chez le Titien. Il me prend quelquefois « envie de m'aller cacher dans le grenier de quelque pauvre fille, « qui me cédera son gite pour une légère aumône *. »
L'effronterie a fait des dupes dans tous les siècles; mais rien ne prouve mieux la sottise de ses contemporains, que la conduite des plus grands princes à son égard. Charles-Quint lui assigna une pension de 200 écus sur le duché de Milan, et François I*' ût ses efforts pour le ranger de son parti. Ces souverains avaient été en concurrence pour l'empire, et la rivalité de gloire nourrissait dans leur cœur une jalousie qui éclata par des guerres sanglantes. Arétin partageait d'abord ses éloges entre ces monarques : la pension décida sa plume, il ne chanta plus que son bienfaiteur. Le duc d'Alri l'exhortant à continuer l'égale distribution de son encens, il lui répondit : « Je suis et serai toujours « serviteur de votre maître. Mes écrits ont annoncé ses vertus à « toute la terre ; mais je ne vis pas de fumée, et Sa Majesté n'a « pas daigné s'informer si je mange. La chaîne qu'elle m'avait « promise a été trois ans en chemin ; il y en a quatre qu'elle ne « m'a pas donné le bon jour. Je me suis rangé du côté de celui V qui donne sans promettre. François fut longtemps Fidole de
' Lettres d'Arétiu^ t. 1, p. 206. Ces gasconnades sont répétées avec la*^ d'afTectalion par un ccrlain Andréa {Lettres à V Arétin^ l. Il, p. ii3), quo^^ esi Irnté de croire qu'il s'est écrit sous ce nom celle seconde lettre, po>*^ accréditer ses rodomontades par le témoignage d'un tiers.
' Lettres d'ArétiHj t. III, p. 72.
VIE d'ABÉTIN. XIX
R mon cœur : le feu qui brûlait sur son aulel s^csl éteint faute <« d^aliments *. » Le connétable de Montmorency, ayant lu cette lettre, dit, en présence d'AUemaui, que si TArétin voulait n'être point partial, et parler de son maître et de Tempereur avec vérité, il lui ferait donner une pension de iOO écus. Alleniani Tayaut écrit au poëte, il se pressa de répondre qu'aussitôt qu'il verrait l^assignation des 400 écus, il obéirait au connétable *. Mais les promesses de Montmorency s'en allèrent en fumée, et je ne sais sur quel fondement quelques auteurs ont avancé qu'il fut pensionné de la France et de la Porte-Ottomane. François et Soliman lui firent des présents, mais il n'eut jamais rien de lixe (Ui ces cours ; et, bien loin de donner dans le discours du conuélablo, il s'attacba uniquement à l'empereur, qui de son côté ne négligea siucune occasion de lui faire sentir des manpies d'une distinction particulière '.
Un Jour Charles étant en voyage, et le secrétaire de ses ct)inmandements ayant présenté un grand uombro de dépéclu^s, il demanda la lettre qu'il avait ordonnée ]K)ur recouiuian(l(;r A rétin au grand-duc, la signa, et remille reste à une autre fois^.
Le inôme empereur passant, en 15i3, sur les États des Vénitiens, le sénat députa Guibalde de La Rovère, duc d'Urhiu, qui était généralissime des troupes de la république, accompagné dii quelques nobles, avec ordre de le suivre par honneur tant (fu'il serait sur leurs terres. Ce seigneur, qui aimait Arétin , lui t>roposa d'être du voyage, et le poëte s'y détermina facilement, sur resi)érance que sa vue renouvellerait leslwutés dont remi)ereur lui avait donné des preuves réelles ^.
Charles était à cheval, lorsciue les ambassadeurs le joignirent. A peine eut-il aperçu l'Arétin, ({u'il lui fit signe d'approcher, le niit à sa droite, et s'entretint avec lui pendant le chemin. Ar-
* Uiires it Arétin, 1. 1, p. no. A l'Artiin, 1. 1, p. 223, 2S0. ' LfMres iVAréiin, l I, p. 113
* Uiisa Sinfjitl. de Vir. enid. Fiorenl., p. i.
* heures d'Arèlin, t. il, p. 25.
* Parula, Islor. venez., I. XI, p. 538, 540.
XX VIE l>\\HÉTIN.
rivé au lugis qui lui était préparé, il le retint pendant quUl ei« pédiait les affaires les plus pressées, afln de pouvoir lui parler. Ce fut dans cette occasion qu*Arétin récita le pocme qu*il avait coni|K)sé en son honneur S et que, proGtant de la satisfaction (pii parut sur le visage de Tempereur , il hasarda quelques plaintes sur les retards que le marquis Du Guast apportait an payement de sa pension. Le monarriue se mit à rire, et lui dit quMl voulait être médiateur dans cette affaire , et le raccommoder avec le gouverneur de IMilan ^. Le lendemain , il ordonna à Davila de lui compter une somme considérable, indépendamment des ar* rérages qui pouvaient lui être dus. La libéralité des princes épargnait alors aux auteurs les souplesses devenues presque inévitables à ceux qui dépendent de Tavarice des libraires et des dédains du public.
L'emjiereur, sortant de la messe, tit signe au poëte de le suivre; mais, soit timidité, comme il veut le faire entendre, soit appréhension qu'il ne prit fantaisie à Charles de remmener en Allemagne^, Arétin feignit de ne rien voir, et se cacha de façon que les ambassadeurs qui le cherchèrent ne purent le représenter. Charles, quoique piqué de ce qu' Arétin u^avait pas pris congé de lui, ne laissa pas de charger le duc d'Urbin de le recommander à la république comme une personne qui lui était chère *.
Si notre poîjte refusa dos lettres de chevalier lorsqu'elles étaient stériles, il les reçut avec empressement quand elles furent accompagnées d*un revenu, quoique fort modique. Le lecteur me permettra de reprendre ce fait de plus haut. Quoique Arétin n*eût aucune envie de retourner à Rome, nous avons vu qu*il avait toujours souhaité de se raccommoder avec cette cour. Il crut avoir gagné les bonnes grâiccs de Paul III, et sa vanité Taveugla au point que, sur des marques assez légères de la bien-
* Lettres d* Arétin, l. II, p. 36, 37, 40.
' Lettres étAritin, t. III, p. 38.
* Lettres d* Arétin, l. III, p. 43.
* Lettres d Arétin, 1. V, p. 23 .
TeiUalICi: <lu puiilifi;, il ^ Oatta il'otiluuir uu cba|muu qu'il fit dumander parle doc de Panne', tin refus funnul mortilia sa présomption, et sus|iendit ses poursuites. Mais lorsqu'il vilJulesIlI sur ia ctiaire, ses espérances se ranimèrent d'aulanl plus i ivumeot, que ce pape étant d'Arezzo, Il compluit sur l'affection ordioaire entre ceux d'une même ville. Il lui écrivit des lettres de féHcilalîon, et lui Gt présenter par le cardinal Car|ii un sonnet BUT son avènement à la papauté'. Baudouin del Monte, Trère du pontire, joignit ses bons offices auprès de Sa Saiulelé , et Jules enfoya au poiite 100 écus d'ur, et des lettres de clievalier de
La dialinctton était assez mince pour l'bonneur et pour le pro- Bt. I.e revenu n'était que de SO écus*, et cet ordre était dans le discrédit '. Ou le regardait comme une étiquette Irés-équiroquc du mérite, et l'affiehe n'en imposait qu'au peuple. Clément l'avait conféré à Bandinelll pour le prix du quelques statues, Julea GD fit la récompense d'un sounet. Quelque légère que fdt celte bvetir, elle surprit tout le monde'; et les Vénltieus ne |iouraicnt s'empécliur de rire en voyant cette décoration oruer lea cicatrices du bâton ; mais fiance du personnage qui l'étalait c(
Ce cordon lui panil un présiige émineutes. Il composa un poënie ' pape 1 l'appeler auprès ITersion qu'il conservai
dd s'étonner de la coulelepriïdeses services', uré des dignités les plus ! ' dans la vue de déterminer le Cette idée diminuait l'ancienne la cour de Home; et lorsque le
ic d'Urï>ln, que le pape avait nommé généralissime des tron|iet
' Ltltrud'Arilta, 1. m, p. fS; l. IV, p. il A ' Lellm fÀrili», l. V, p. î3B.
■ LtilTtMdJlriliH, I, V. p. lae. » CAr,iln, 1. 11
■ LuniDoro, Keba. dlconeiH Ronin, p. es.
' Muni, DerlortnI. Iwciit.
■Tmri, rifediPIIf ,1. II, piri. ii, p. Ko.
' Ullra â'Àriliii, 1. 1, p. m : i. V, p. isb. ' Lelîret <f Ardln, t. v, p. ii).
' tetlwi if. Jrfi (H, i. 11, p, îsi ; l. V,p. ïïs,
XXII VIE D*ARÉTIX.
de rËglise, vint prendre possession de son commandement, il d6 balança plus à le suivre ^ Il nous apprend qu'à la nouvelle deee voyage , Jules s'écria : « Si cet homme vient ici , les Romaios « croiront voir un autre jubilé, par Taffluencc de ceux que sa « présence attirera •. »
Les honneurs qu'on lui rendit semblent autoriser ce discours', lorsqu'il s'agenouilla dans le conclave, le pape se pressa de le relever, et le baisa au front. « Je ne suis pas surpris, lui écrit uo « de ses adulateurs, que les papes vous embrassent, que lesem- « pereurs vous cèdent la droite : vos écrits dispensent l'immorU' « lité. Je m'étonne de ce qu'ils ne partagent pas leurs États avec « vous*. » Un peu de vanité n'cst-elle pas excusable avec de pareilles distinctions? Si l'Arétiu se voyait en butte aux satires les plus infamantes de ceux qu'il avait outragés, ses amis le consolaient par des éloges bien flatteurs, les souverains le caressaient, et l'aveu du plus grand nombre corrigeait le ridicule de l'affectation avec laquelle il se faisait valoir.
Cependant il n'était pas homme à se repattre de fumée ; et la cour ecclésiastique , plus avare de biens que d'honneurs, lassa bientôt sa patience. « Le saint-père m'a donné Faccolade , dî- « sait-il, mais ses baisers ne sont pas des lettres de change ^. » Piqué jusqu'au vif de se voir les mains vides *, il retourna à Yenisc dont il ne sortit plus, et toutes les fois qu'il était question de ce voyage, il se vantait d'avoir refusé la barrette '.
Jusqu'ici nous avons parlé des biens et des honneurs qu'il eut l'art d'extorquer ; il faut à présent rendre compte des disgrâces
* heures d'AréUnj I. VI, p. 175.
» Lettres aArétln, t. VI, p. 160.
* Lettres (TArélin, t. IV, p. 172, 173, 174, 181.
* Lettres de Paolo Manuzzio^Veiuro, 1556, p. 115. » Lettres d'Arétin, t. IV, p. 205.
* Il partit de Venise en mai 1533. Les IcUres quil écrivil sur la roule en fool foi (t. IV, p. 169, 470). Il y était de retour en décembre (Lettres, t. VI, p. 172, 187).
' Lettres d'Arétin, t. VI, p. 293. L'Ammirato, Opp>, t. II, p. 265.
VIE d'ARÉTI?^. XXttt
que sa médisance lui attira , et nous commencerons par celles dont il fut quitte pour la peur.
Pierre Strozzi, capitaine au service de France, ayant enlevé sur Ferdinand, roi de Hongrie, le château de Murano, Ârétin, alors dévoué à la maison d'Autriche, ne put retenir un trait de satire *. ^ Strozzi, qui n'entendait pas raillerie, le menaça de le faire poignarder dans son lit. Arétin, qui le savait homme à tenir parole, se barricada dans sa maison, n'osant ni sortir ni laisser entrer personne, tant que ce général fut sur les terres de la république *.
Le Tintoret se vengea par une saillie de quelques mauvais propos que le poète avait hasardés. La jalousie du pinceau l'avait brouillé avec le Titien, et l' Arétin, intime ami du dernier, avait pris parti dans la querelle. Tintoret, le rencontrant un jour prés de sa maison, le pria d'y entrer sous prétexte de faire son iK)rtrait, et le pressa avec tant d'instance qu'il lui fut impossible de s'en défendre. A peine fut-il assis, que le peintre vint à lui d'un air furieux, le pistolet à la main. « £h! Jacques, que voulezvous faire?» s'écria le poëte épouvanté. « Prendre votre mesure », répondit gravement le Tintoret; et après avoir achevé la cérémonie, il ajouta avec le même flegme : « Vous avez deux de mes pistolets et demi de haut. » Arétin, qui s'était un peu remis, lui dit, avec un ris forcée qu'il ne serait jamais qu'un badin. Mais cette leçon corrigea sa langue ; il rechercha même l'amitié du peintre, qui le tira pour faire assaut contre le portrait que le Titien avait fait 3.
Nous avons vu la monnaie dont la Yolta paya ses satires contre la cuisinière de Giberti ; le comte d'Arundel , ambassadeur d'Angleterre, lui en fit donner au même coin. Arétin avait dédié à Jacques !«' le second volume de ses Lettres. Après cinq ans d'importunités , il obtint du monarque une gratification de
* Opère burlesche, capit. Alla quariana, I. III, p. 31.
' Paruia, mor. Venez., 1. XI, p. 232. Alberli, Descrip, d'Italia,
• RWolfl, Vite d$ Pi//, venez, Vinezia, i6A6,p. 41, W.
XXlV V1B D*ARÉTI5.
500 écus*. On lui écrivil d'Angleterre que Ta mbassadeur avait entre de lui cuniplcr cette somme *, et quelques jours ainrès il fut averti par un billet qu'il la toucherait le lendemain*. Le payement ayant manqué, notre auteur, aussi soupçonneux qnV vide, sMmagiua que le comte s'était approprié son argent \ et se plaignit avec tant d'imprudence , que ses discours revinrent à d'Arundcl, qui* le Ht charger à coups de bâton par cinq ou six de ses gens^. Cette aventure fit grand bruit à Venise. Mais Arétii, dont ces sortes d'accidents réveillaient la dévotion , s'enveloppa dans sim christianisme, et refusa de porter sa plainte devant le magistrat. « Ne parlons plus, dit-il, du malheureux qui m'a atta- « (pié seul et sans armes, à la télé de cinq ou six assassins armés. « Il ne m'a fait ni peur ni mal ; et je rends grâce à Dieu de m'ait voir donné un cœur qui ne peut garder de rancune , et qui ne « sait qu'aimer. Je renonce à la vengeance. Je sais que celui qai, « h l'exemple de Jésus-Christ , pardonne à ses ennemis , mérite « que Dieu lui pardonne ses offenses..." Que Dieu, par sa misé- « ricorde, me remette les péchés que j'ai commis contre sa bon- « té, comme je pardonne du fond du eœur les injures que j'ai « reçues. J'approcherai des sacrements cette semaine , ce que « je n'aurais garde de faire s'il restait quelque désir de ven- « geance dans mon cœur'. » Cet étalage dévot nel'empAcha pas de répondre à un ami qui lui peignait la frayeur qu'un de ses assassins avait qu'il ne prit sa revanche : « Je ne veux ni le faire « assassiner, ni le mutiler dans ses membres; car je le dois tout « entier au bourreau *. » Cependant, soit politique, ou crainte de pis , il s'en tint à la négociation. Don Juan de Mendozza, am-
• lettres irArétin, t. IV, p. 51 ; l. V, p. 24.
• Lettres étArétln, t. Il, p. 293.
• lettres à rAréthi, t. II, p. 261.
• lettres d* Are tin, I. IV, p. 283.
» lettres d'AriUin, l. IV, p. Il2. 114.
• lettres âWrétiny l. IV, p. 91.
' lettres if Areiiity l. IV, p. 7i.
• lentes d^Afitln, L IV, p. 180.
TIE D^ARÊTIN. XXV
l^sadeurd*Espagne, se porta médiateur : le C4)intc Gt une esptVc d*exriLse , et t»aya les 500 écus, dont la vue guérit les meurtrissures do bâton.
Le lénitif des présents, pour adoucir la bile d'Arétin, panit un inoyen trop humiliant aux yeux de quelques princes d'Italie ; ils ^rent de la même recette que TÉcossais ; mais on peut douter <lo*iis aient employé le remède aussi fréquemment que Zilioli le fait entendre *. Cet historien prend plaisir à multiplier ces scelles, dont il place les théâtres à Rome, à Venise, à Florence et à ^^ples, quoique notre poète ait fait peu de séjour dans ces deux ilemièrcs villes. 11 faut convenir que Rome vit plus d'une repré- ^ntation de ces tragi-comédies. Ferragut de Lazzara Tavait ar- ^ché demi-mort des mains des assassins dès le pontilicat de ^ X', et cette aventure ne peut être confondue avec celle ^Bt Volta fut le héros, puisque, lors de cette dernière, Cléncnt YIII était sur le siège. D'ailleurs , tous ses contemporains semblent s'être donné le mot pour le plaisanter sur ces petits '^^deuts. Mauro, parlant d'une de ces aventures, dit :
Arétin s'est sauvé par un vrai coup du cie!»
Biais on a not>l«menl relevé sa mouslaclie :
Pour récompense de son Oel, Il s'enfuit éreiiilé comme un malin d'attache.
Sa bouche est prompte à révéler
Ce que prudemment on doit taire;
El de sa langue téméraire.
Toujours habile à mal parler.
Il a remboursé le salaire.
D'autres que lui, pour pareil cas.
Aux vautours servent de repas '.
^^lamosto termine une satire par ces mots :
Je pourrais à plusieurs adresser le propos Je me lais et ne veux rien dire :
^»l:oli, Wor. di Voeti itil.
^Iberio, Igior. délia Famig. di Lazzara, p. 104.
'^peri* biii'lesche, Londres, 1733 Cap. delk Btt^tjie^^ \\\,
XtVI TIB I>'ARÉTÎPr.
Je sais trop qu'Arélin, aux dépens de son do9, Appril ce que vaut la satire '.
Tani, parlant d'im babillard, dit qu'il était plus riche en paroles qu'Arétin en coups de bâton^. Et Boccaliiii nous apprend que notre poète avait souvent trouvé dans son chemin des gens aussi prompts de la main qu'il Tétait de la langue, qui lui avaient chamarré le visage et les épaules, de façon qu'il ressemblait à une carte marine'. Mais rien n'établit mieux la multiplicité de ces sortes d*aventures qu'un sonnet que le Marini mit au bas d'un de ses portraits gravé en sanguine :