‹ Œuvres choisies de P. ArétinChapitre 9 sur 218 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

MÊÂ , BETTÂ.

NÉA. D'où viens-tu, d'où, Betta?

BETTA. De louer une chambre à la Cincia, qui est, il ne faut das le dire, grosse autant qu'on peut Fètre au monde',

MÉA. Est-il possible?

BETTA. Plût à Dieu qu'il n'en fût rien !

MÉA. Et pourtant elle va au sermon, et jeûne.

BETTA. Toute chatte a son janvier •, petite sœur !

BiÉA. Maintenant, dis-moi, comment fais-tu tes affaires avec tes chambres à louer ?

BETTA. Couci-couci... Et pourtant, hier, j'en louai une àun marchand de pierreries*^ qui, par la croix de Dieu ! est fort bieu en espèces ; et je le sais, parce que, à tout propos, il tire de sa manche une bourse qui en est pleine.

MÉA. Qu'il prenne garde, vraiment, que les filous ne l'attrapent !

BETTA. 11 est de Pérouse ; je ne veux pas te dire autre chose: il a nom Boccaccio ; et il a été si harcelé fmr les chiens, qu'il veille à ses jambes".

ACTK I, SCÈNE II. 5

MÉA . Parles-tu sérieusement ?

BETTA. Le mieux que je puis.

MtiA. n est donc delà?

BETTA. Oui.

HÉA. Et il s^appelle ainsi ?

IKTTA. Ni plus ni moins.

wU. C'est mon maître ; et j'ai été élevée dan^ sa maison : ainsi, fais qua je lui parle, fais que je le voie.

acTTA. 11 ne peut tarder à venir, si un achat de bijoux qu'il ^€ul ÎAÏre ne le retient pas. Mais le voilà devant toi ; donc, il est ^0 que je monte là-haut.

Page 1