LE FRESLON
A RSMT BBLLBAF, POÈTE
Qui ne te cbanteroit, freslon, De qui le piquant eguillon Releva Tasne de Silène, Quand les Indois parmi la plaine Au milieu des sanglans combas Le firent tresbucber à bas?
Bien peu servoit au viellard d'estre De Baccbus gouverneur et prestre, Captif ils l'eussent fait mourir Sans toy qui le vins secourir.
Déjà la troupe des Menades, Des Mimallons et des Tbyades, Tournoient le dos, et de Baccbus Jà déjà les soldats vaincus Jettoient leurs lances entbyrsées, Et leurs armures hérissées De peaux de lynces, et leur roy Déjà fuyoit en desarroy, Quand Jupiter eut souvenance Qu'il estoit né de sa semence.
Pour aider à son fils peureux.
Il fit sortir d'un cbesne creux
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De freslons une fiere bande, Et les irritant leur commande De piquer la bouche et les yeux Des nuds Indois victorieux.
A peine eut dit, qu'une grand nue De poignans freslons est venue Se desborder tout à la fois Dessus la face des Indois, Qui plus fort qu'un gresleux orage De coups martela leur visage.
Là sur tous un freslon estoit, Qui brave par Tair se portoit Sur quatre grands ailes dorées :
En maintes lames colorées Son dos luisoit par la moitié :
Luy courageux, ayant pitié De voir au milieu de la guerre Silène et son asne par terre, Piqua cet asne dans le flanc Quatre ou cinq coups jusques au sang.
L'asne qui soudain se reveille Dessous le viellard fit merveille De si bien mordre à coup de dens, Ruant des pieds, que le dedans Des plus espesses embuscades Ouvrit en deux de ses ruades, Tellement que luy seul tourna En fuite TÎndois, et donna A Baccbus estonué la gloire Et le butin de la victoire.
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Lors Bacchuâ, eu lieu da bienfait Que les freslons lui avoient fait, Leur ordonna pour recompense D'avoir à tout jamais puissance Sur les vignes, et de manger Les raisins prests à vendanger.
Et boire du moust dans la tonne En bourdounant, lorsque l'automne Amasse des coutaux voisins Dedans le pressouer les raisins, Et que le vin nouveau s*escoule Sous le pied glueux qui le foule.
Or vivez, bien heureux freslons, Tousjours de moy vos aiguillons Et de Bellbau soient loin à l'heure Que la vendange sera meure :
Et rien ne murmurez sinon Par Tair que de Bellbau le noio, Nom qui seroit beaucoup plus digne D'estre dit par la voix d'un cygne. *
Dans une pièce, un peu plus que légère, adressée par Ronsard à deux jeunes filles qu'il aime, et dont Tune est grasse et l'autre maigre, on lit, après quelques doléances sur la maigreur de cette dernière, les vers suivants, les seuls que nous en citerons :
Mais en lieu de beautez telles, Elle en a d'autres plus belles, Un chant qui ravit mou cœur, Et qui, dedans moy vainqueur,
» Éd. P. Bl., t. VI, p. 351.
Toutes mes veines attise ; Une douce mignotise, Un doux languir de ses yeux, Un doux souspir gracieux, Quand sa douce main manie La douceur d'une harmonie. ^
Le doux languir de ses yeux irait merveilleusement avec le doux parler de sa bouche.