‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 118 sur 147 · MISÈRES DU TEMPS · texte numérisé non relu

MISÈRES DU TEMPS

Dans les sanglantes querelles du xvi* siècle, Ronsard prit le parti de la cour et de la religion catholique. Nourri des bienfaits de Henri II, de Catherine de Médicis et de ses fils, il avait encore pour motif de ce choix Tamour du loisir et de la paix, qui inspira également Horace et Malherbe. La haine que portaient les huguenots aux lettres profanes et aux frivolités galantes devait aussi l'indisposer contre eux. Il lança donc, sous le titre de Discours des misères de ce temps, de Bemontrance au peuple de France, etc., etc., quelques satires politiques qui sont comme la contre-partie des Tragiques de d^Aubigné. Il faut dire, à l'honneur de Ronsard, que toutes ces pièces respirent, au milieu de préventions injustes, une profonde horreur des troubles, une tendre et filiale piété pour la France. D'ailleurs le ton en est vif, le style chaud, et la verve rapide bien qu'inégale. On en jugera par les extraits suivants.

Page 1